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criTiQue 0051 : tu vas où comme ça ?

 





Salutations,




Ce n’est pas la chose la plus plaisante à claironner, néanmoins, c’est la vérité : en matière de télévision, si on en venait à me traiter de vieux de la vieille, ce serait difficile de réfuter...Vous l’aurez d’ailleurs remarqué : il m’arrive de radoter.
Mais j’ai la faiblesse de penser que c’est à raison (la plupart du temps) ... Après tout, comme n’importe quel vieux de la vieille qui se respecte, j’ai pas mal roulé ma bosse !
Rendez-vous compte : il fut un temps où il n’était pas rare pour moi de regarder 16 ou 18 séries à la fois, et donc, autant d’épisodes par semaine sur une période qui s’étalait de septembre à mai...
Autant dire que j’en ai vu...
C’était un autre temps : je parle ici d’une époque où il était possible de faire le tour des séries Netflix...Ouais, je sais, ça paraît difficile à croire... Il n’en reste pas moins que ce rythme m’a permis, 3 ou 4 années durant, de voir tout ce qui m’intéressait de près ou de loin !
Imaginez un peu aujourd’hui... Vu l’offre, il me faudrait quasiment tripler cette cadence...
Enfin bon, je m’égare ! Tout ça pour dire que j’ai appris à reconnaître ce qui valait la peine que je m’accroche et ce que je pouvais arrêter au bout d’une demi-heure.
Si je prends la peine de vous expliquer tout ça, c’est parce qu’il y a bien entendu des exceptions qui vont au-delà du simple acharnement (comme chroniqué ici).
Aujourd’hui dans mon salon, on parle de «From» : la série qui a pris 4 épisodes pour titiller mon intérêt !
Ce qui est d’autant plus incompréhensible quand on sait qu’elle est produite par Jack Bender (réalisateur récurrent de la série de mon cœur : ‘LOST’), Jeff Pinkner (qui est derrière une autre série de mon cœur : ‘Fringe’) et par les frères Russo (qui ont filmé les plus belles pages du ‘MCU’)... Bref, trouver meilleur pédigree ne serait pas une mince affaire ; on a ici affaire à des pros, des gens habitués à faire arriver des gros bateaux à bon port…
Pourtant, malgré ces noms ronflants, la série prend un temps rédhibitoire pour trouver son chemin ; et, spoiler alert, sans la qualité intrinsèque des deux premiers épisodes, j’aurais passé le mien...
 
De quoi ça parle ?
La série s’ouvre sur une petite bourgade, à première vue paisible.
On y trouve un homme occupé de nous rejouer ‘
RRRrrrr!!!’ : il traverse le village pour demander à tout le monde de rentrer chez lui pour la nuit.
Pourquoi ?
On ne traine pas à nous le montrer, car il devient rapidement très clair que cette ville est mal fréquentée la nuit : une horde de fantômes cannibales y rode et ils sont apparemment affamés ! Un des membres de cette bande de voyous sanguinaires ne traine pas à se lancer sur une petite fille ; et on devine à ses dents pointues que ce n’est pas du tout pour lui faire un gentil câlin.
Lancement du générique, l’histoire peut commencer…
On nous présente alors une famille qui sillonne l’Amérique en mobile-home, et ces pauvres bougres vont très rapidement être confrontés à la dure réalité de ce trou perdu : Non seulement c’est infesté de fantômes cannibales, mais en plus, c’est impossible de partir !
 
Le shérif (joué par Harold Perrineau, clin d'oeil aux fans de 'LOST' et de 'Roméo + Juliet')
, en tant que chef officieux du village, choisit néanmoins de ne pas expliquer de but en blanc à ces nouveaux arrivants ces deux fondamentaux... 
Son raisonnement est simple et, à mon avis, judicieux : après avoir tenté 17 fois de quitter le village pour se voir revenir par la même route, sans avoir pu la quitter, dans le même village ; ces voyageurs seront peut-être plus amènes de croire que, pour des raisons que tout le monde ignore, il est impossible de quitter ce lieu.
Et quand, mis face à leurs échecs répétés, ils commenceront à se résigner, à accepter ce fait ; ils seront alors peut-être plus enclins à avaler la seconde pilule : si vous tenez vraiment à faire un tour au clair de lune, fantômes cannibales ce faisant, ce sera le dernier !
 
Malheureusement, cette belle logique n’a pas le temps de faire effet : au bout du troisième tour de manège, la famille se plante dans un ravin avec leur mobile-home… Impossible de les dégager rapidement…
Ils vont devoir passer la nuit dehors !
Ta ta taaaa ! 
Où tout autre répétition de son indiquant un suspense intense d’ailleurs, car la scène d’ouverture ayant installé assez efficacement la terreur et le danger posés par les fantômes cannibales, le suspense qui se développe est effectivement intense.
On a alors droit à un très bon double épisode, chargé de tension, où la survie des protagonistes est aussi précaire qu’incertaine.
Je sais que vous sentez les tares rédhibitoires venir et je ne vais pas vous faire attendre : 
Les problèmes commencent au troisième épisode : on est face ici à une sorte d’antithèse de la géniale ‘Midnight mass’, car 'From' est une série qui s’appuie sur l’épouvante pour amener les personnages.
Vous me direz « et pourquoi qu’on ne pourrait pas, d’abord ? »
On peut tout à fait, Jean-Pierre ! Néanmoins, pour se faire, il faut des personnages intéressants à qui il est arrivé des trucs intéressants ; et, ici, on n’a ni l’un, ni l’autre…
Des exemples ? Voyons, vous avez le choix : l’ado qui se rebelle contre des portes ouvertes ; la jeune femme glauque qui entend des voix glauques qui la poussent à faire des trucs toujours plus glauques ; le mioche lourd qui voit des autres mioches mais qu’on ne croit pas alors qu’il a raison ; le patron d’une start-up à la mode qui casse les pieds à tout le monde pour trouver une solution et qui finit par tomber sur un début de solution ; le shérif qui a perdu sa femme parce qu’il faut qu’on soit triste pour lui…et je ne vous ai même pas encore parlé de la tribu hippie qui vit dans le village !

Alors pourquoi j’ai continué de regarder au-delà des deux premiers épisodes qui constituent un mini-film assez sympa ?

C’est simple : parce que j’ai toujours raison !
Ça a l’air un peu pompeux dit comme ça, mais force est de constater que je l’ai déjà dit : quand les personnages sont mauvais, la série est mauvaise…et que ce passe-t-il si les personnages sont bons ? Hein ? Hein ?
Oui, Jean-Pierre, c’est ça ! Elle est bonne !

Et ça se vérifie encore ici, comme si les scénaristes s’étaient rendu compte en cours de route où ils voulaient aller avec cette histoire (il faut tout de même attendre le quatrième épisode) : dès que la série se décide enfin à explorer réellement ses personnages au lieu de les mettre en position ‘a’ ou ‘b‘ dans le simple but de leur faire peur ; on aperçoit une lueur d’espoir pour ce show qui a tout pour être plaisant ! 
Un mystère prenant, une horreur glaçante et une atmosphère pesante sont autant des bons outils utilisés (plus ou moins) à bon escient sur des personnages qui, après un départ catastrophique, finissent par se révéler…
Bon, on ne va pas se mentir, ce n’est pas encore la panacée, mais au moins, on est sur le bon chemin !
En fait, ce n’est pas plus compliqué que ça de faire une bonne série : Il suffit de savoir où on va !




En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0050 : telle est la voie

 







Salutations,




Instant confession dans mon salon : cela fait des mois que je vis dans la peur !

Rassurez-vous, on n’est pas vraiment dans une situation où il est question de vie ou de mort… (Quoique)

Néanmoins, impossible de prétendre que je vis dans l’indolence depuis l’annonce de la série ‘Amazon Prime’ basée sur le legendarium de J.R.R Tolkien... A tel point que je ne sais plus trop si je désire ou si je redoute de voir arriver septembre !

Le bestiau à un milliard de dollars (et ce n’est pas une figure de style) se nomme « The Rings of Power » et on aura donc l’occasion d’en reparler…

Tout ça pour dire que je vais bientôt ressentir ce que, rien que ces derniers mois, les fans d’Asimov ('Foundation') ou de Robert Jordan ('The wheel of time') ou encore ceux de Leigh Bardugo (‘Shadow and Bones’, que je n’ai malheureusement pas chroniqués, mais que, pour ceux qui se demandent, j’ai appréciée) ont ressenti en découvrant après des mois d’attente, ce que leur réservait l’adaptation de ce qu’ils chérissaient depuis de nombreuses années...

 

Ceci étant dit, on ne va pas se mentir, même si mes pensées étaient effectivement tournées vers les fans de ‘Halo’ quand j’ai lancé le premier épisode de la série ; j’ai appuyé sur ‘play’ avec une curiosité assez marquée.

La prémisse de la série est pourtant on ne peut plus basique (un futur lointain, un pouvoir galactique centralisé qui règne par la force, des poches de résistants qui luttent pour leur indépendance et une race alien belliqueuse ; vous voyez le tableau…) mais comme expliqué dans ma lluBiE 0007 consacrée à 'Arrival', je passe rarement mon tour quand l’occasion se présente de me mettre de la Science-Fiction sous les yeux !

Néanmoins, cette curiosité sur ce que pouvait donner une tentative d’adapter cette franchise qui a fait le bonheur des afficionados de la Xbox ne pouvait pas me faire oublier le bilan abyssallement mauvais des transpositions consoles-->Live-action… Et, alors que je n’avais, pour ainsi dire, jamais eu l’occasion de m’en réjouir ; j’étais content de ne pas être fan du jeu, de ne pas me sentir fébrile, septique, et pourtant condamné à regarder un truc qui a une bonne chance d’être un désastre qui mutile l’objet de mon affection.

Bref, le temps de noter que la série est distribuée par un nouveau poulain dans l’écurie de Mr Streamy : ‘Paramount +’ (sérieux, ils vont pas bientôt tous arrêter avec leur ‘+’??), et produite par ‘Amblim’ (ne me demandez pas ce que Spielberg vient faire là-dedans, je ne sais pas Madame !) ; et nous voilà donc partis sur ‘Madrigal’ (Veuillez insérer votre blague ‘Disney’ ici) où commence notre intrigue.

Enfin, intrigue, c’est vite dit… De manière compréhensible, c’est surtout à l’exposition du monde dans lequel on évolue qu’est consacré cet épisode.

Comme d’habitude, c’est à travers des dialogues qui se veulent anodins que nous sont transmises ces informations. C’est loin d’être un exercice évident car ce sont des années de dynamiques complexes qui doivent transparaitre aux détours de quelques phrases et, à ce petit jeu, la série ne s’en sort que moyennement.

De fait, quand LA scène d’action pointe le bout de son nez dans le premier quart de l’épisode (les aliens belliqueux attaquent une poche de résistance qu’ils dégomment bien comme il le faut jusqu’à ce que le pouvoir central intervienne), on passe un peu à côté des enjeux de cette bataille qui n’en reste pas moins efficacement filmée à grand renfort d’acrobaties et d’hémoglobine…

Il n’y a qu’une seule survivante…Elle a tout perdu, et surtout son père…Le pauvre bougre n’avait d’ailleurs aucune chance : y-a-t-il encore un scénariste de série qui pense que c’est possible de faire une série sans héroïne pétrie de ‘daddy issues’ ?

 

Et après ?

C’est un peu l’encéphalogramme plat : notre héros, ‘Master Chief’ touche un artefact des aliens belliqueux et reçoit alors une série de flashs, d’images de son enfance oubliée qui le poussent à remettre en question sa nature de soldat programmé pour obéir…

Pourquoi ?

Mais parce que Jean-Pierre ! Par-ce-que !

Enfin, en tout cas, c’est là toute l’explication qu’on nous donne sur ce qui est tout de même la source de conflit majeur de cet épisode.

En effet, alors qu’on lui ordonne d’éliminer la seule survivante de la poche de résistance attaquée un peu plus tôt, le ‘spartan’ semble décider que le moment est venu de revoir ses priorités dans la vie !

Non seulement il ne la tuera pas, mais lui vivant, personne d’autre ne le fera !

Malheureusement donc, personne ne comprend réellement pourquoi il fait ce qu’il fait : ni lui, ni la scientifique qui lui a lavé le cerveau, ni le pouvoir galactique qui les emploie et encore moins les aliens belliqueux ! (Je ne vous parle même pas du spectateur…)

C’est d’autant plus dommage car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de ‘Master Chief’ rend tout le monde nerveux… Ce qui est d’ailleurs tout à fait compréhensible : un super soldat au cerveau bien lavé qui se met à penser par lui-même après avoir touché un artéfact, c’est bon pour personne…A part pour la survivante bien sûr ! 

 

Et c’est là que ça m’a frappé !

Je n’ai pas osé y croire tout de suite, mais j’ai dû plier sous le poids de l’évidence : j’avais sous les yeux un remake de « The Mandalorian » !

Je sais, Madame, je me suis dit la même chose : c’est beaucoup trop tôt !

Mais plus je ressassais les évènements, plus cela semblait bel et bien le cas :

On a là affaire à un mercenaire parlant avec une voix étouffée parce qu’il  n’enlève pas son casque et qui prend la décision irrationnelle de protéger un ‘grogu’ avant de se décasquer dans une scène émouvante devant son ‘foundlings’ !

Franchement, rebooter 2 saisons de ‘Mandolorian’ en un seul épisode, c’est un sacré tour de force ; il fallait oser…

 

Bon, j’ergote, j’ergote mais je ne réponds pas à la vraie question : est-ce que ça m’a plu ce remake déguisé en adaptation ?

L’ensemble est suffisamment divertissant pour que je vous déconseille d’y jeter un coup d’œil et il est même possible que je me laisse tenter par l’épisode deux…néanmoins, ce serait (me) mentir de ne pas dire que j’ai des gros doutes sur l’intérêt de consacrer plus de temps à ‘Halo’ : les ponts jetés vers la suite ne m’ont pas encouragé outre mesure à poursuivre le chemin.

Le casting ne manque pourtant pas d’attrait, j’étais autant enthousiasmé de retrouver Natascha McElhone que j’avais complètement perdue de vue depuis ‘Californication’, que Pablo Schreiber qui m’avait beaucoup plu dans son rôle Mad Sweeney dans ‘American Gods’ ; néanmoins, ils n’apportent pas apporté la plus-value escomptée à ce pilote.

N’ayez crainte cependant ! Si d’aventure la suite des pérégrinations de Mando… Euh, ‘Master Chief’ et son pendant de ‘Grogu’ venaient à me faire changer d’avis, je ne manquerai pas de vous en informer !

Ne me remerciez pas, telle est la voie !




En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0049 : c'est mathématique








Salutations,



Une fois n’est pas coutume, on va commencer cette critique pour une petite expérience mentale.
Ne vous inquiétez pas, ça ne fera pas mal !
Prêt ?

Alors voilà, il faut vous imaginer en train de vous promener…Il fait beau, tout va bien, quand, tout à coup, vous tombez sur une ancienne connaissance…
Au départ, vous êtes content, vous êtes en mode ‘Patrick Bruel’ : « T’as pas changé ! Qu’est-ce que tu deviens ? Tu t’es marié, t’as trois gamins ! »
Nostalgie, quand tu nous tiens…
Pourtant plus la conversation traine en longueur, plus vous avez du mal à vous rappeler comment vous avez pu trainer si longtemps avec cette personne…
Vous ne savez pas très bien si c’est vous ou votre interlocuteur qui a changé, mais peu vous importe, vous n’avez plus qu’une idée en tête : il faut que cette conversation gênante se termine le plus vite possible !

Si ça vous est déjà arrivé, ou si vous avez l’imagination assez agile pour vous mettre en situation ; alors vous comprendrez sans problème ce que j’ai ressenti en regardant ‘The cleaning lady’ !
« Aaah cette bonne vieille ‘network’ tv !
Comme cela faisait longtemps que je t’avais regardée ! De te revoir, là comme ça, ça me rappelle le bon vieux temps… »
Ça, c’est ce que je me suis dit au début de l’épisode…
Et si vous avez bien réalisé l’expérience mentale, vous comprendrez comment je me sentais à la fin…
Là, vous me dites: « c’est bien beau ton histoire, mais c’est quoi la ‘network tv’ ??? »
Votre question est légitime et je m’en vais donc vous expliquer :

Si je voulais grossir le trait, je dirais que ce sont les séries tv produites par les pendants américains de ‘TF1’, ‘France 2’, ‘La Une’ et consort.
Et qu’elle est la différence avec les autres ? Avec leurs demi-sœurs produites par les chaines câblées (les pendants américains de ‘Canal +’, par exemple, ‘HBO’, Showtime ou ‘Starz’) ou leurs cousines streaming (‘Netflix’, ‘Prime’ ou ‘Apple TV+’) ?
Là encore, si je voulais schématiser, je répondrais un peu platement : la liberté !
Mais de quelle liberté tu parles ?
De la liberté de faire ce que tu veux, Jean-Pierre !
Tu veux faire un épisode de 1h12 suivi d’un épisode de 53 minutes ?
Pas de problème !
Tu veux que ton personnage puisse fumer comme un pompier ?
Si ça te chante !
Tu veux montrer que ton héros est un homme avec un grand ‘H’ à grand renfort de gros plans sur ce qui se cache dans le string de toutes ces femmes qui sont bien évidemment incapables de lui résister ?
Fais-toi plaisir !
Une fois que tu as reçu leur ‘feux vert’, tu peux faire tout ce dont tu rêves la nuit avec les demi-sœurs câblées et les cousines streaming de la network tv !

Et sans coupure pub !

Tout ça pour dire que j’avais presque oublié ce que ça faisait de regarder une série si manifestement soumise à des formules toutes faites.
Comme souvent, le mot exact que j’aurais voulu utiliser est anglais : « formulaic » ; et après réflexion, puisque que je ne peux décemment pas utiliser ‘formulaïque’, j’ai remplacé par trois mots ! (toute l’efficacité de la langue française)
Bon, c’est bien joli d’ergoter sur la sémantique, mais finalement, de quoi parle-t-on ? Qui est donc cette titulaire ‘cleaning lady’ ?

C’est l’histoire de Thony De La Rosa, médecin philippine vivant illégalement aux Etats-Unis.
Elle crèche aux States sans permission car son fiston est gravement malade : il a besoin de soins pour sa moelle dont l’accès est aussi difficile que couteux.
Ne pouvant exercer sa profession sans permis de séjour, elle joint les deux bouts en travaillant dans une société de service de nettoyage.
Tout bascule pour elle quand, un soir, elle est témoin d’un meurtre…Sur le point d’être exécutée, elle propose de débarrasser les lieux du méfait de toute trace d’homicide.
Elle devient alors « the cleaning lady » attitrée d’un cartel de crime organisé.

Comme vous le lisez, on ne s’est clairement pas embarrassé du souci de vraisemblance sur ce coup-là…On est encore sur un des marqueurs de la ‘network tv’ : les prémices WTF… Pour ne citer qu’un exemple, à peu près tout et n’importe qui est susceptible de devenir consultant à la police (y compris le diable en personne…)
Ici, comme souvent donc, il faut déjà arriver à passer au-dessus de l’absurdité de la chose pour tenter de passer un bon moment.
Néanmoins, ce n’est pas dans mes habitudes de me montrer fine bouche et je ne vais pas commencer maintenant : Elodie Yung (‘Elektra’ dans ‘Daredevil’) fait de l’excellent travail et le pilote était plaisant à regarder, complétant une à une les étapes qui sont censées fidéliser un publique.
La gageure n’est d’ailleurs pas négligeable : ce sont 22 épisodes (en moyenne) auxquels il faut trouver une audience pendant 1h ! (publicité comprise s’entend ; un épisode de ‘network tv’, c’est entre 42 et 45 minutes ! Pas plus, pas moins !)

C’est là que les fameuses formules toutes faites interviennent (attention la tête, on va faire un peu de math) :

A
(personnage doué mais lambda à qui il arrive une choses hors du commun) + B(Ce personnage a un trauma personnel) + C(des rebondissements inattendus ne cessent de se mettre en travers du personnage…c’est généralement là qu’intervient le ‘méchant’ de l’histoire) + D(des personnages secondaires décalés et/ou attachants aident le principal) = Y (d’une manière ou d’une autre, la résolution des problèmes du personnage se déroule dans le dernier acte)

Ce qui fait :
A+B+C+D=Y
Ça, c’est pour le premier épisode.

Vous pouvez ensuite appliquer :
B(on étoffe le trauma du personnage) + C(les rebondissements) + D(les personnages secondaires font toujours une apparition) + E(les enjeux auxquels le personnage fait face augmentent graduellement jusqu’au ‘Season Finale’) = Y(excepté les rares épisodes en deux parties, on arrive invariablement à la résolution des problèmes)
Copier- coller maintenant cette formule (B+C+D+E=Y) sur autant d’épisodes qu’on vous a commandé 
(n) et ce jusqu’au dernier de l’année où vous ajoutez simplement un twist final (T) pour jeter un pont vers la saison suivante (Z)
 
Ce qui donne donc : (
B+C+D+E)n+T=Z
Et voilà pour le dernier épisode.

Facile, non ?

Allez-y réfléchissez un peu, vous avez souvent vu ces formules toutes faites appliquées dans les séries que vous regardez sur ‘RTL-TVI’ ! (ou sur ‘M6’ si vous lisez depuis la France…)
Loin de moi l’idée de dire que ces séries sont mauvaises, elles sont souvent divertissantes ; et ‘The cleaning lady’ fait sans aucun doute le job.
Cependant, il va lui falloir quelque chose en plus pour s’élever au rang des grandes séries de ‘network tv’ (ce n’est pas un secret, en ce qui me concerne,
‘LOST’ est un sommet) : un facteur X !
Ce facteur qui donne un côté imprévisible aux formules toutes faites…

Vous voyez, c’est pas compliqué la ‘network tv’ : c’est mathématique !



En vous remerciant, bonsoir !



criTiQue 0048 : entre les lignes








Salutations,


On a beau dire ce qu’on veut sur son âge, on a parfois des moments suffisamment révélateurs pour nous confronter à la vérité : on ne rajeunit pas… 
Ne voyez pour autant aucune amertume dans le poncif, comme dirait Tyler Durden : « même La Joconde tombe en morceaux ! »
Mais le fait est qu’en y réfléchissant un peu, je me suis rendu compte que j’étais déjà adolescent au moment des faits relatés dans « Pam & Tommy »
Maintenant que vous avez cette information complètement inutile, je peux y aller !
 
Les nineties donc, encore…
Il faut que je m’y habitue : les glorieuses nonante sont la « IT » décennies du moment.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais, en ce qui me concerne, il ne faut plus tergiverser : on peut déclarer officiellement que les 90’s sont les nouvelles 70’s !
Pourquoi je dis ça ?
Rappelez-vous, il fut un temps, pas si lointain d’ailleurs ; le prisme thématique se concentrait plus souvent qu’à son tour sur la revisite des avancées sociétales initiées dans les années 70 ! (je sais, je devrais plutôt écrire fin 60 – début 70...ne chipotons pas, voulez-vous ?) 
Ça vous dit quelque chose ?
Non ?
Tant pis… Mais toujours est-il qu’on est clairement témoins d’un changement de paradigme : aujourd’hui, c’est sans équivoque la période qui a vu la genèse de l’ère numérique qui fait figure de marotte scénaristique.
Et après tout pourquoi pas ?
Difficile de nier que l’époque recèle des moments clés que le temps nous permet maintenant de regarder avec un recul intéressant.
De fait, alors que les années 80 semblent condamnées à être évoquées (dans le divertissement mainstream en tout cas) uniquement à travers un placement frénétique de totem culturel, la dernière décennie du siècle dernier paraît quant à elle promise à une analyse rigoureuse et approfondie… Sans oublier financièrement profitable bien sûr…
 
Bien conscient de ce potentiel, j’avais, je le confesse sans rougir, beaucoup de mal à trouver un intérêt à cette chronique dont on sait, dans les grandes lignes, comment les évènements se sont déroulés et comment ils se sont terminés.
Étant d’un naturel curieux (et Covid aidant…je n’avais que ça à faire !), j’ai tout de même décidé de voir s’il y avait quoi que ce soit d’intéressant entre les lignes !
Avant de continuer, je me dois aussi d’admettre que cette curiosité était en grande partie induite par le casting.
En effet, le choix me paraissait à la fois étonnant et intéressant tant dans le chef de Lily James que de Sébastian Stan (pour les moins fut-fut d’entre vous, respectivement Pamela Anderson et Tommy Lee) : j’avais laissé James aussi incandescente que touchante dans le rôle de Linda Radlett (« The pursuit of love » - 2021) quant à Stan, je le connaissais uniquement en Sergent Barnes (Le ‘winter soldier’/’white wolf’ du ‘Marvel Cinematic Universe’)…Autant dire que ni l’un, ni l’autre (même en admettant que c’est le propre d’un acteur/d’une actrice de disparaître derrière le personnage) ne me semblaient être une évidence dans ces rôles.
 
Bon, ceci étant dit, pas besoin de faire durer le suspense ; si j’écris cette critique, c’est parce que j’ai trouvé beaucoup de choses entre les lignes !
Car même si, de prime abord, « Pam & Tommy » a l’air d’une manière cheap d’aborder la décade ; il n’a fallu attendre que la fin de la toute première scène pour que je change d’avis en réalisant (un peu tard, il faut bien le dire, mais j’ai toujours été lent) que bien loin d’être creuse, la série est au contraire une belle opportunité d’explorer le balbutiement des errements qui gangrènent de manière toujours plus toxique le « World Wide Web » :
Invasion illégale de la vie privée, objectification pernicieuse de la femme, fascination malsaine pour le scandale, double standard sexiste entre les genres,… J’en passe et des pires.
 
Mais au-delà de cette promesse, la série a le bon goût d’élargir le cadre de son histoire pour y inclure le portrait tout en nuances de l’homme dont les actions ont ouvert la voie à l’utilisation du web dans une des fonctions qui restera la sienne pour les années à venir !
(Allez, que personne ne joue à l’innocent ! Internet, ça sert à trois choses : chercher sur Google™, aller sur les rézo sossio et mater du porno !)
Franchement, je m’attendais à beaucoup de choses en regardant « Pam & Tommy » mais pas que le premier épisode soit presque entièrement consacré à un menuisier au bout du rouleau aux prises avec un employeur tyrannique. (Bon, ok, je ne m’attendais pas non plus à voir Sebastian Stan parler avec un pénis animatronic dans l’épisode deux…mais bref !)
Sans chercher à justifier ses agissements, la série expose minutieusement les circonstances amenant ce col bleu (joué tout en retenue par Seth Rogen) à entrer en possession de la VHS la plus chaude bouillante du moment.

Cette attention particulière à fouiller ses personnages n’augure que du bon pour cette série qui, par les thèmes qu’elle promet d’explorer et à travers des interprétations impeccables, a tous les atouts pour être une des bonnes surprises de ce début d’année.



En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0047 : de deux choses Lune








Salutations,


En regardant ‘Kingdom’ (Dans la Corée du 16ème siècle, un mal mystérieux sévit : les morts reviennent à la vie…rien que ça…) en 2019, j’étais bien loin de me douter que ‘Netflix’ allait devenir ‘the place to be’ pour les productions coréennes. (Ou, plutôt, que les productions coréennes allaient devenir ‘the thing to watch’…mais bref)

Depuis, entre autres, ‘Dr Brain’, ‘Hellbound’ (tant que j’y suis, petite annonce : ‘Hellbound’ passera certainement sous les projecteurs de mon salon…) et l’inévitable ‘Squid game’ ont quasiment réussi à nous faire plus parler de la Corée du Sud que de l’autre ! (Merci Mr Streamy : le temps passant, on est de plus en plus comme mon chien sur le bord d’une route : rien de tel pour lui faire oublier la voiture contre laquelle elle aboie qu’une autre voiture qui roule dans le sens inverse).
Et ce n’est pas prêt de s’arrêter : en 2022, ce ne sont pas moins de 25 films ou séries coréennes qui vont arriver sur la plateforme de streaming !
‘The silent sea’ était donc tout autant dans mon radar que dans celui des autres centaines de millions d’abonnés ‘Netflix’ et, pour votre plus grand plaisir, je me suis enfin décidé à vous faire part de mon avis !

Imaginez la terre quasiment exsangue d’eau, presque complètement aride ; où l’on doit faire la file pendant des heures pour avoir une maigre ration de flotte… (Et si vous n’y arrivez pas, patientez encore quelques décennies, vous aurez peut-être une meilleure idée de ce dont je parle…) C’est le monde dans lequel les protagonistes de cette énième production nous venant de l’Est vivent et ça n’a pas l’air de rigoler tous les jours : ils en sont réduits à euthanasier les toutous ! (si madame ! c’est comme je vous le dis !) (Ceci étant dit, ils continuent à rouler en voiture, donc ça ne va pas si mal que ça…)
Dans pareille situation, quelques soient les causes du problème, l’humain a souvent tendance à se tourner vers les étoiles pour résoudre ledit problème et c’est naturellement ce qui a été tenté il y a 5 ans via une mission habitée sur la Lune.
Mais, vous l’avez vu venir, la mission a foiré !
Que s’est-il passé ?
Bin on sait pas !
Et comment qu’on va arranger ça ?
Bin en renvoyant une équipe de sauvetage !
Equipe qu’on va soigneusement préparer au challenge qui l’attend en lui donnant toutes les informations dont on dispose… (Qui, pour rappel, sont : aucune, et aucune…)
On ne voit pas comment tout ça pourrait mal tourner, n’est-ce pas ?

J’exagère légèrement, on leur explique quand même que, tant qu’ils sont là-bas tout là-haut sur la lune, ce serait sympa de rapporter des capsules contenant une « substance inconnue » (bin voyons).
Ils n’ont donc aucune idée de ce qu’ils vont trouver une fois qu’ils vont alunir et ils ne peuvent pas compter sur le seul gars qui est revenu de la mission précédente : il est quasiment neurasthénique.
Quant à nous, spectateurs avisés que nous sommes, on sait pertinemment où tout cela va mener : maladie mystérieuse…contagion…zombification…parasite extraterrestre…spores… On ne sait pas exactement quoi, mais le résultat est le même : la dernière chose à faire, c’est d’ouvrir la porte de ‘Balhae’ (la base lunaire avec laquelle on a perdu le contact)
On trouve un peu de tout de cette ‘agence tout risque’ ; dont ce qui semble être le quota obligatoire de personnages aussi loufoques que puérils dans les séries coréennes… Mais passons, après tout, the 'A-team' avait ‘Looping’…
Pilote, ingénieur, docteur,… donc du beau monde tout de même pour cette mission et on nous montre assez rapidement que le huis clos qui se profile ne sera pas triste : on identifie tout suite le leader prêt à tout pour réussir la mission, les questionneurs qui comprennent que la mission comporte trop de zones d’ombres et les rebelles qui ne peuvent s’empêcher de poursuivre leur propre objectif au détriment de la mission.
« L’astrobiologiste » de cette aventure (jouée par Donna Bae, clin d’œil aux fans de ‘Sense8’) fait partie de la dernière catégorie : elle est partie pour savoir ce qui est arrivé à sa sœur et n’en a que faire des mystérieux échantillons que son équipe est censé rapporter.

Voilà le décor planté…
Je pensais être devant un bon vieux suspense doublé d’un mystère dans un monde apocalyptique… Tout ça dans l’espace !
Pourtant ce n’est pas ce que j’ai vu…
Ce que j’ai regardé, c’est un crash de navette sans suspense suivi d’une randonnée lunaire sans mystère entrecoupé de flashbacks sans apocalypse… Bon, d’accord, ça se passait dans l’espace ; mais vous aurez compris, je n’ai pas été emballé pour autant !
J’aurais sincèrement voulu, mais j’ai passé plus de temps à questionner la pertinence de ce que je voyais qu’autre chose : à un moment, on perd carrément une plombe à les voir marcher sur la lune et la série essaye sérieusement de nous faire avaler qu’il y a un quelconque enjeu dans ce hiking sous oxygène… (Genre : ouuuuuh, ils vont peut-être ou pas en manquer !!!)
N’y avait-il pas un moyen plus captivant de les coincer sur notre satellite tout en faisant mourir la seule personne qui pouvait les rencarder que ce crash qui les force à faire une marche au clair de terre ?
Je pense que poser la question, c’est y répondre…
Car oui, spoiler alert, le seul survivant des évènements qui se sont déroulés sur ‘Balhae’ il y a un lustre meurt avant d’avoir eu une quelconque utilité…
Enfin, je ne suis pas de bon compte, rendons justice à ce personnage ! Il lâche un : « Eau…surtout pas eau ! » qui mérite de figurer dans les annales des avertissements les plus bidons de tous les temps !
J’aime bien en faire des tonnes, mais je vais m’arrêter là, je pense que c’est clair : je n’ai pas vraiment eu droit à un bon moment de télévision.

Bien sûr, les séries de streaming sont souvent pensées comme un long film et tout ce que je réclame d’une histoire avait largement le temps de s’installer au gré des épisodes… Mais je passe mon tour, traitez-moi de vieux de la vieille si ça vous chante, mais un premier épisode se doit de remplir sa fonction d’introduction (des personnages comme de l’intrigue) de manière efficace et ambitieuse ! (« Yellowjackets », histoire d’utiliser l’exemple d’une série que j’ai regardée en 2022, est une excellente illustration de ce propos…)

Alors, de deux choses l’une :

Soit, le show prend un temps infini pour en arriver au fait (le deuxième épisode n’a rien fait pour corriger cette impression) et c’est pour moi un ‘dealbreaker’ ; soit c’est tout simplement mauvais et je n’ai même pas besoin de vous donner la conclusion que j’en tire.


En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0046 : on devient ce qu'on mange

 







Salutations,


Je reviens avec de la grosse news pour ce début 2022 :
On a retrouvé Juliette Lewis !
Ce nom n’évoque sans doute pas grand-chose à tous ceux qui n’ont pas vécu leur adolescence pendant la dernière décennie du 20ème siècle, néanmoins, jugez plutôt : entre « les nerfs à vif » (Scorsese), « Gilbert Grape » (Hallström), « Tueurs nés » (Stone), « Strange Days » (Bigelow) et « Une nuit en enfer » (Rodriguez) ; je pense qu’on a conféré le statut de « culte » pour bien moins que ça !
Aaaaaah les glorieuses « nonante »….
Impossible d’y échapper ! Les années 90 sont tendance pour le moment, que ça vous plaise ou non ! D’ailleurs, en entendant « Hole » pour la énième fois, je me suis dit deux choses :

1) Je ne croyais pas que c’était possible, pourtant voilà : les références aux ‘nineties’ commencent à me gaver…
2) Je suis heureux pour Cobain : dans un juste retour des choses, sa femme est devenue encore plus cliché que lui pour illustrer la période…c’est toujours ça de pris…

Cependant ces considérations nous éloignent du sujet !
Sujet qui, au demeurant, n’est pas vraiment Juliette Lewis ; mais bien la série dans laquelle on l’a retrouvée : « Yellowjackets »

Et là vous vous dites : « Quoi ? Ça parle vêtement maintenant ici ? »
Bin non ! On va parler cuisine et football en fait !
En effet, on suit ici un groupe de jeunes filles qui se rend au championnat national de « Soccer » ; suite à un accident d’avion (attention, comme ‘Kal-El’ dirait, statistiquement parlant; cela reste toujours la manière la plus sûre de voyager !) elles sont obligées de changer de régime alimentaire…

Bon, en gros, ce résumé est correct, mais c’est bien entendu un peu plus subtil (et glauque) que ça.

Effectivement, à l’aide d’aller-retours du présent vers le passé, on nous présente une équipe de foot féminine qui semblait avoir tout pour réussir. L’histoire s’ouvre sur une journaliste qui, 25 ans après les faits, tente de comprendre ce qui est arrivé à ces collégiennes.

Et nous aussi d’ailleurs !

Rapidement on comprend que…quelque chose…s’est passé pendant ces longs mois où elles ont été livrées à elles-mêmes ; nonobstant, la journaliste n’obtient aucune réponse de ces survivantes bien décidées à laisser peu importe ce qui s’est passé derrière elles….
Quant au spectateur, il reçoit par à-coup des notions perturbantes de la vie qu’elles ont vécues pendant ces 19 mois qui ont manifestement fait ressortir les pires instincts chez certaines d’entre-elles !
C’est même le moins que l’on puisse dire : ces flashs rapides post-crash, entre « sa majesté des mouches » et « apocalypto » (alors que les passages avant le crash font plutôt penser à « Euphoria »), laissent même carrément présager un retour à l’état sauvage aussi sordide qu’intriguant.
Franchement... Ces jeunes ! Faut toujours qu'ils en fassent une tonne ! Que tu crèves de faim au point d’en venir au cannibalisme, passe encore ! Mais de là à t’habiller en peau de bête et traquer tes congénères pour les bouffer dans une sorte de rituel païen ; il y a tout de même des limites à ne pas franchir !

Plus sérieusement, ce qui est intéressant, c’est que cela donne une intrigue à trois niveaux (pour ceux qui ne suivent pas : avant le crash, les 19 mois de survie et leur vie après leur sauvetage) et chacune se nourrit (si vous me passez l’expression) de l’autre, donne un relief fascinant aux actions et aux paroles des protagonistes… Relief qui, idéalement, ne fera que prendre du volume jusqu’à en devenir vertigineux…
Car, s’il faut bien convenir que cette situation de décompensation psychique est presque hypnotique tant elle est extrême ; il est impératif de passer au-delà : pour que cette chronique soit aussi magnétique que tragique, il faudra bien que l’on s’attache aux personnages !
Mission accomplie ?
Globalement, oui Jean-Pierre !
Si on n’est pas irrémédiablement lié à ces footballeuses après la première heure, on est en tout cas suffisamment immergé dans leur vie (ce qu’elle était et ce qu’elle est devenue) pour avoir la curiosité de continuer.

A ce propos, je ne peux que remarquer la justesse du casting de la version ‘jeune’ des personnages ! Chacune des actrices brille de subtilité et cela contribue grandement à l’envie de poursuivre cette série qui fait tout de même figure d’épouvantail dans le paysage formaté des productions récentes.
Et tant que j’y suis, puisque j’ai ouvert cette critique par un ‘qu’est-elle devenue ?’, je vais également la refermer comme cela…
Car le show est aussi l’occasion de retrouver Christina Ricci qui semble promise à un rôle captivant dans une histoire qui promet de l’être tout autant !



En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0045 : la messe est dite

 





Salutations,


Les raisons sont souvent un peu prosaïques, mais Il y a des gens comme ça qui vous énervent.
Prenez Mike Flanagan.
Perso, un type qui a assez de temps, d’inspiration et de talent pour écrire, réaliser, produire et éditer 3 séries en 3 ans (+ 2 films) ; je sais pas pour vous, mais pour moi qui ai à peine le temps de maintenir un blog, ça me prend carrément à rebrousse-poil !
 
Maintenant que j’ai terminé de vous forcer à être témoin de mon courroux somme toute injustifié, nous pouvons commencer :
 
Je disais donc que notre homme revient chaque année... Un peu comme le Beaujolais... Et son cru 2021 se nomme « Midnight mass ».
Et comme la vinasse que tout le monde aime détester (ou que tout le monde déteste aimer, c’est selon) on retrouve souvent les mêmes associations dans les créations de Mr Flanagan : une maison ‘hantée’, une famille avec des démons (souvent littéralement) et tout un tas de ‘jump scares’.
Comme de juste, la famille avec ses démons (j’ignore à ce moment si je dois l’utiliser littéralement) est encore de la partie cette année, néanmoins, c’est carrément tout un village qui semble être ‘hanté’ !
Bon, autant arrêter les frais : je ne vais pas pouvoir garder cette atmosphère de dédain plus longtemps...
La raison ? Ça ne serait tout simplement pas chrétien de ma part (et ceux qui me connaisse savent à quel point je m’efforce de refléter les valeurs de la chrétienté) de ne pas rendre justice au travail du showrunner qui a réussi ce que peu réussissent : trouver un équilibre parfait entre l’intime et l’épouvante.
Pour être tout à fait de bon compte, Flanagan essaie toujours de le faire, mais son succès est ici, à mon sens, total.
Comment a-t-il réussi ce miracle ?
C’est simple : il laisse ses personnages vivre leur vie !
Et là, vous vous dites certainement : « cette fois, c’est sûr, il a craqué son slip ! »
Laissez-moi vous rassurer, mon slip va bien ! 
Ce que je veux dire par là, c’est qu’on n’a, à aucun moment, l’impression que notre scénariste/réalisateur/éditeur/producteur (ou ‘SREP’) suit un cahier des charges.
Vous l’aurez remarqué (ou pas), c’est une expression que j’utilise quelques fois parce que je la trouve particulièrement adéquate pour une série : une histoire que doit se distiller dans un nombre donné d’étapes... Il faut vraiment avoir un plan à la ‘Hannibal Smith’ pour que ça marche ! MAIS (parce qu’il y a bien sûr un ‘mais’) la vraie magie, c’est quand on ne voit pas le truc, c’est quand les fils sont invisibles ; autrement dit, quand on ne voit pas trop facilement où les scénaristes cherchent à nous emmener scène après scène.
Voilà ce que le ‘SREP’ nous offre : un tour de magie, ni plus ni moins, Jean-Pierre !
Je sens que c’est toujours pas clair pour vous alors je vais arrêter mes âneries 3 minutes pour vous expliquer clairement.
Au lieu de sans cesse placer ses personnages en position pour recevoir leur dose de frayeur dans une surenchère vide d’émotions, le ‘SREP’ nous propose d’abord et avant tout l’exploration d’une petite communauté (127 habitants) vivant sur une petite île et en particulier d’une famille, les Flynn.
La série s’ouvre alors que l’ainé, Riley, provoque un accident en état d’ébriété. Il est condamné à 4 ans de prison et n’a d’autre choix en sortant que de revenir sur l’île où vivent encore son père pêcheur, sa mère et son jeune frère.
Vous n’allez quand même pas venir me dire que tout ça à l’air terrifiant !?
Non, et vous aurez raison !
 
Noah Hawley, le génial créateur de ‘Legion’, l’expliquait de manière limpide en parlant de la série qu’il est en train d’écrire avec, pour cadre, les ‘Alien’ de Ridley Scott :
« Enlevons l’alien de la série. De quoi parle la série ? Quels sont les thèmes, qui sont les personnages et quelle est l’aventure humaine ? Ensuite, on ramène les extraterrestres et on se dit : ‘C’est génial. Non seulement, il y a un grand drame humain, mais il y a aussi des extraterrestres !’ »

Flanagan s’est donc posé la bonne question : si on enlève l’horreur d’une histoire d’horreur...Que reste-t-il ?
Et en réponse, il a élaboré une narration qui se dessine à travers les pathos familiaux et relationnels d’un bled où tout le monde connaît tout le monde pour mieux y introduire un mystérieux prêtre dont l’arrivée (et les phénomènes inexplicables qui suivent) bouleverse la vie de cette communauté dévote.
Servie dans cet écrin, l’épouvante prend un relief particulier ; elle se met au service d’une histoire où la surprise vient des émotions qui sont distillées au détour de scènes qui paraissent d’abord banales avant de se révéler d’une délicatesse aussi subtile que bouleversante.
Un peu à la manière dont le faisait Damon Lindelof dans ‘Leftovers’ (qui, coïncidence, baignait également dans un climat religieux), et comme je le disais lourdement un peu plus haut, le ‘SREP’ semble se contenter de laisser ses personnages respirer, leur autorisant ainsi des moments d’épiphanie presque écrasant de justesse... Mais l’angoisse n’est pourtant jamais loin, elle monte lentement dans un crescendo destiné à se terminer en apothéose...
 
Particulièrement pour cette série, je ne vais pas déroger à ma coutume et parler un peu du cast :
Flanagan rassemble certains de ses habitués et ils sont admirablement bien utilisés ! 
Kate Siegel (son épouse dans le civil) est bien entendu présente et compose un personnage qui, comme d’habitude, est tout en nuances ; alors que Henry Thomas (éternel ‘Elliot’ dans ‘ET’) est tout simplement méconnaissable en père désabusé par l’homicide involontaire commis par son fils.
Les fans de la dernière heure de ‘X-Files’ reconnaitront également Annabeth Gish tandis que ceux de ‘Battlestar Galactica’ pourront se réjouir de retrouver Michael Trucco dans le rôle du maire affable de cette petite ville.
Je pourrais en citer d’autres tant le casting fait un job impeccable (notamment Rahul Kohli et Samantha Sloyan...sans oublier la délicieuse Carla Gugino) mais je vais me concentrer sur les deux ‘MVP’ de la série :
Zach Gilford tout d’abord, particulièrement touchant dans le rôle du paria de retour de prison et Hamish Linklater (déjà excellent dans la série susmentionnée ‘Legion’) tout simplement magnétique dans le rôle d’un prêtre mystique.
 
Décidément, cette fin 2021 me réserve de bien belles surprises et c’est donc de ma quatrième série coup de cœur de cette automne de critique que je viens de vous parler !(les autres étant, je le rappelle: 'Heels', 'Brand new cherry flavor' et 'The wheel of time') 
Un équilibre parfait entre émotion et mystère servi par des acteurs impeccables...N’en jetez plus, la messe est dite !


En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0044 : la roue tourne







Salutations,


On peut dire ce qu’on veut sur ‘Game of Thrones’, mais on ne pourra jamais lui retirer le mérite d’avoir popularisé « l’heroic fantasy »  à la télévision !
De fait, à tort ou à raison (mais surtout à tort), c’est devenu difficile aujourd’hui de parler d’une nouvelle série se revendiquant du genre sans mesurer si elle a l’étoffe d’en être la digne succession.
Enfin ça, c’est pour la plupart…
Dans mon salon, dans ce cas précis ; on a plutôt tendance à se servir de Tolkien comme mesure de grandeur…Chacun son étalon...
De ce point de vue « The Wheel of Time » se prête particulièrement bien au jeu tant on part sur des bases similaires :
-Le(s) protagonistes(s) à la vie sans histoire qui se révèlent avoir potentiellement un destin de sauveur.
-Un personnage au pouvoir magique qui vient les sortir de cette vie.
-Une force maléfique sur le point de se réveiller.
-Un monde vaste qui a une mythologie propre.
 
Cette formule éprouvée a maintes fois étalé son efficacité sur un nombre incalculable de pages. Néanmoins, elle a rarement trouvé des lettres de noblesse à la télévision !
En effet, à part ‘Game of Thrones’, donc, et sans oublier ‘Kaamelott’, aucune série n’a pu s’inscrire avec qualité dans la durée. 
Les raisons sont à la fois évidentes et subtiles : ce genre d’histoires, souvent tentaculaires dans leur déroulement tout en nécessitant une constante exposition d’informations, se prêtent beaucoup mieux à la littérature ; et pour reprendre les deux exemples cités, ce n’est qu’en s’appuyant sur des concepts télévisuels forts (la violence/sexualité graphique pour l’un et l’humour décalé pour l’autre) qu’ils ont réussis à s’imposer comme référence du genre.
La difficulté de la tâche est incontestable : transcrire toute la richesse et la complexité d’un monde totalement fictif dans le nombre prédéterminé de cases que constituent les épisodes… 
J’en touchais d’ailleurs un mot lors de ma critique sur ‘Foundation’ : la balance entre introduction (personnages, histoire, enjeux), les fonctions narratives (action, romances, tragédies) et les moyens pour y arriver (réalisation, production, bande son) doit être la meilleure possible ; et dans les premiers épisodes, elle doit idéalement tendre vers la perfection !
 
Alors est-ce que cette ‘roue du temps’ tourne comme il faut ?
Tout à fait Jean-Pierre !
Et après les trois épisodes mis à disposition sur ‘Amazon Prime’, elle ne semble pas prête à s’arrêter…
La clé de cette révolution efficiente ?
Le momentum pardi !
(Vous pouvez respirer, j’ai épuisé ma réserve de jeux de mots foireux !)
Mais mauvaise blague à part, le momentum est effectivement le facteur déterminant pour expliquer la qualité de ce début de saison : après une mise en place indispensable, la tension ne retombe plus ! On ressent en permanence l’urgence de la véritable course poursuite qui a été engagée avec ce groupe de héros potentiels pris en chasse par un ennemi dont on n’a pas trainé à exhiber la laideur et la létalité.
En parlant de ce groupe, quelques mots sur les acteurs qui sont peut-être le seul bémol de cette adaptation :
Rien de vraiment catastrophique (à part peut-être dans le chef de Josha Stradowski, qui pousse sa ressemblance avec Hayden Christensen jusqu’au plagiat de son cabotinage) mais on n’atteint pas des niveaux de subtilité digne des moyens déployés en terme de production… Pour le moment, Rosamund Pike, qui en impose par sa seule présence et Abdul Salis, qui fait un peu beaucoup froid dans le dos dans un rôle d’inquisiteur malaisant ; sont les seuls qui arrivent à offrir un travail intéressant sur leur personnage.
Mais ne laissez pas cette peccadille vous refroidir car, comme suggéré plus haut, ‘The Wheel of Time’ est arrivé à trouver une balance très juste entre ce qui fait une bonne saga littéraire et un bon show télévisé : entre exposition et tension, entre mystère et émerveillement ; les épisodes présentent une densité assez impressionnante.
Bien sûr, pas de secret : pour toutes ses qualités, la série a tout de même besoin que vous ne soyez pas hermétique au genre! Néanmoins, à mon sens, c’est le seul prérequis pour apprécier une histoire pour laquelle l’enchainement immédiat de tous les épisodes disponibles était une évidence qui n’a pas nécessité la moindre réflexion chez moi !
C’est tout simplement (avec ‘Heels’ et 'Brand new cherry flavor') un de mes coups de cœur de cette automne 2021 !


En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0043 : une famille en or

 


Pré scriptum : je l’ai dit et je le redis : on est entre personnes civilisées dans mon salon ! Il convient donc de se plier aux convenances et de lancer la désormais consacrée ‘SPOILER ALERT’ !




Salutations,

 

 


Nous avons tous déjà vécu ce repas de famille où, tout à coup, quelqu’un lâche LE sujet qui fâche, vous savez, ce moment où, par exemple, la copine influenceuse de ton cousin youtuber se lance dans sa tirade antivax ? Plus de retour en arrière après ça : certains prennent parti, d’autres laissent passer l’orage ; mais l’ambiance n’en reste pas moins durablement plombée.
En repensant à ces moments traumatisants, vous vous demandez probablement ce qui se passerait si, un jour, une famille où les membres ont tous des superpouvoirs devait se déchirer sur un sujet épineux ?
Eh bien vous pouvez arrêter de vous le demander, car non seulement Marvel a la réponse ; mais en plus, ils en ont fait un film de 2h37 qui s’appelle « Les éternels » !
 
Bon, il faut en convenir, alors que ta famille et toi vous n’êtes pas capables de vous mettre d’accord sur le port du masque, les ‘éternels’, eux, ils ont des sujets un chouïa plus technique à débattre : ça cause quand même survie de l’espèce humaine à la table des demi-dieux !
 
Mais redevenons sérieux, l’air de rien, il s’agit d’un débat important !
 
En effet, Disney introduit ici dans son ‘Marvel Cinematic Universe’ (‘MCU’ pour les intimes) une production plus atypique qu’il n’y parait :
Premièrement, vous l’aurez remarquez, je me suis bien gardé de dire qu’il s’agissait d’une histoire de super-héros !
Car si ‘les éternels’ ont bien des superpouvoirs, ils sont très loin d’être des super-héros…En fait, ils ne sont même pas des héros ! 
Quoi ? Un film Marvel sans (super)héros ???
Oui Madame !
Ce groupe de BG sont les émissaires d’un ‘céleste’ (à qui, puisque qu’il est le créateur de la lumière et de la vie, on va attribuer le titre bien classe de ‘dieu’)
Mais pourquoi ce dieu créateur nous envoie-t-il des émissaires ?
Pour nous sauver ? BIIIIIP ! Nope ! Essayez encore !
Pour nous livrer la bonne parole de ‘dieu’ ? BIIIIP ! Encore raté !
Allez, puisque vous séchez, je vous file la réponse : nos demi-dieux arrivent sur terre pour nous guider gentiment vers le Progrès (avec un grand ‘P’) tout ça en nous évitant de nous faire dévorer par une autre race de demi-dieux ! (moins stylée, certes, mais divine quand même)
Ils ne reçoivent qu’une et une seule consigne d’Arishem (le dieu susmentionné) : ne pas intervenir en faveur de l’espèce humaine ! Et ce, quelle que soit la menace… A part s’il s’agit de ‘Déviants’ ! (l’autre race de demi-dieux)
Comme je le disais, ce n’est pas très héroïque de nous laisser comme ça nous dépatouiller avec tous nos problèmes alors qu’ils pourraient tout régler en 2-2 ! Mais bon, les disciples d’Arishem sont des bons croyants à l’obéissance sans faille et, franchement, ce serait limite de chicaner alors qu’ils sont déjà clairement sur de la bonne grosse mission : ça leur prend carrément 6500 ans avant qu’ils décrètent qu’ils ont fait le taf ! On ne peut pas leur enlever ; ils ont le goût de la chose bien faite !
 
Et après ? Bin… ils décident de vivre chacun leur petite vie jusqu’à ce qu’Arishem siffle après eux pour qu’ils reviennent à la niche : certains décident de s’isoler pendant que d’autres se mêlent aux humains.
Et c’est là que tout dérape…
Car quand, 500 ans plus tard, tout ce beau monde se retrouve ; plus personne n’est vraiment sur la même longueur d’onde ! Ce qui est tout de même embêtant vu qu’ils se retrouvent parce que ‘l’émergence’ est sur le point de se produire.
...’l’émergence’...qu’est-ce que ça peut bien être ?
(Il faut le lire avec la voix de Gérard Darmon)
Pour faire court, une ‘émergence’, c’est quand un ‘céleste’ se crée à partir de l’énergie d’une planète...et ne me demandez pas pourquoi (je ne me souviens plus) mais cette énergie ne peut être générée si et seulement si la dite planète est bien achalandée en habitant...
Patatras ! Nos demi-dieux découvrent donc qu’ils sont en fait le niveau ultime de l’agriculteur et qu’ils ont passé 7000 ans à nous faire pousser pour nous donner en pâture à un gros bestiau (un nouveau ‘céleste’ donc) pour que celui-ci puisse créer d’innombrables nouveaux mondes...
Voilà donc nos agriculteurs divins obligés d’avoir, comme toutes les familles, une conversation sur un sujet épineux !
Alors, je vous rassure, au fond du fond, leur sujet épineux est aussi vain et creux que les nôtres : A-t-on le droit de sacrifier des milliards de vies pour que des quintillions d’autres puissent émerger ?
Vous le comprendrez donc, ce n’est pas tant le débat en lui-même qui est intéressant : ce qui m’a interpellé, c’est que ce colloque aux possibles conséquences génocidaires se passe sans que l’on ne tombe jamais réellement dans la dichotomie : ‘Good vs Evil’ .
Au pire, on pourrait taxer certains de dévots et d’autres de stupides, mais si des atrocités sont bel et bien commises ; elles ne le sont pas par illusion de grandeur ou par trahison d’un idéal : car dominer ou sauver des vies (les nôtres en l’occurrence) ne fait purement et simplement pas résonner quoi que ce soit en eux.
C’est une sensation tout à fait particulière de regarder ce Marvel aux protagonistes quasi divins qui tergiversent à faire ce qu’on attend d’eux (nous sauver) et qui nous le présente de manière à nous faire dire que personne n’a foncièrement tord dans cette histoire où ils pourraient tout à fait nous laisser mourir. 
Si le ‘MCU’ devient nihiliste, alors je ne réponds plus de rien !
 
Toutefois, vous pouvez être rassurés, les 500 années passées parmi les humains ont tout de même éveillé chez certains de ces ‘éternels’ un amour et une admiration inconditionnels pour l’humanité et cette affection les pousse à renoncer à leur dévotion pour Arishem...Il fallait bien qu’on retombe à un moment ou un autre dans le cousu fil blanc ; et, malheureusement, il n’y a rien de très bon à dire de ce côté : entre inconsistance et redondance, le film est au mieux maladroit, au pire ennuyeux...
Maladroit, parce qu’au bout des 157 minutes, on n’a pas le sentiment d’être arrivé quelque part avec cette histoire ; ni à sa fin, ni au commencement d’une autre...On reste juste avec une impression d’inachevé.
Et, au final, ennuyeux car le film, pour toutes ses ambitions, oublie d’être surtout et avant tout un divertissement ; alors qu’il fait partie intégrante d’une saga qui se définit sans conteste comme telle.
 
L’idée de porter à l’écran ces demi-dieux devenus légendes vivantes de nos mythologies pour en faire des possibles spectateurs de notre trépas était réellement ambitieuse et Chloé Zhao (je m’en serais voulu de ne pas le mentionner) nous livre des images absolument sublimes, mais cela ne suffit pas à donner à ce 26ème chapitre du ‘MCU’ le souffle épique dont il avait besoin pour s’élever au-dessus de la mêlée.

 


 

En vous remerciant, bonsoir !