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criTiQue 0048 : entre les lignes








Salutations,


On a beau dire ce qu’on veut sur son âge, on a parfois des moments suffisamment révélateurs pour nous confronter à la vérité : on ne rajeunit pas… 
Ne voyez pour autant aucune amertume dans le poncif, comme dirait Tyler Durden : « même La Joconde tombe en morceaux ! »
Mais le fait est qu’en y réfléchissant un peu, je me suis rendu compte que j’étais déjà adolescent au moment des faits relatés dans « Pam & Tommy »
Maintenant que vous avez cette information complètement inutile, je peux y aller !
 
Les nineties donc, encore…
Il faut que je m’y habitue : les glorieuses nonante sont la « IT » décennies du moment.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais, en ce qui me concerne, il ne faut plus tergiverser : on peut déclarer officiellement que les 90’s sont les nouvelles 70’s !
Pourquoi je dis ça ?
Rappelez-vous, il fut un temps, pas si lointain d’ailleurs ; le prisme thématique se concentrait plus souvent qu’à son tour sur la revisite des avancées sociétales initiées dans les années 70 ! (je sais, je devrais plutôt écrire fin 60 – début 70...ne chipotons pas, voulez-vous ?) 
Ça vous dit quelque chose ?
Non ?
Tant pis… Mais toujours est-il qu’on est clairement témoins d’un changement de paradigme : aujourd’hui, c’est sans équivoque la période qui a vu la genèse de l’ère numérique qui fait figure de marotte scénaristique.
Et après tout pourquoi pas ?
Difficile de nier que l’époque recèle des moments clés que le temps nous permet maintenant de regarder avec un recul intéressant.
De fait, alors que les années 80 semblent condamnées à être évoquées (dans le divertissement mainstream en tout cas) uniquement à travers un placement frénétique de totem culturel, la dernière décennie du siècle dernier paraît quant à elle promise à une analyse rigoureuse et approfondie… Sans oublier financièrement profitable bien sûr…
 
Bien conscient de ce potentiel, j’avais, je le confesse sans rougir, beaucoup de mal à trouver un intérêt à cette chronique dont on sait, dans les grandes lignes, comment les évènements se sont déroulés et comment ils se sont terminés.
Étant d’un naturel curieux (et Covid aidant…je n’avais que ça à faire !), j’ai tout de même décidé de voir s’il y avait quoi que ce soit d’intéressant entre les lignes !
Avant de continuer, je me dois aussi d’admettre que cette curiosité était en grande partie induite par le casting.
En effet, le choix me paraissait à la fois étonnant et intéressant tant dans le chef de Lily James que de Sébastian Stan (pour les moins fut-fut d’entre vous, respectivement Pamela Anderson et Tommy Lee) : j’avais laissé James aussi incandescente que touchante dans le rôle de Linda Radlett (« The pursuit of love » - 2021) quant à Stan, je le connaissais uniquement en Sergent Barnes (Le ‘winter soldier’/’white wolf’ du ‘Marvel Cinematic Universe’)…Autant dire que ni l’un, ni l’autre (même en admettant que c’est le propre d’un acteur/d’une actrice de disparaître derrière le personnage) ne me semblaient être une évidence dans ces rôles.
 
Bon, ceci étant dit, pas besoin de faire durer le suspense ; si j’écris cette critique, c’est parce que j’ai trouvé beaucoup de choses entre les lignes !
Car même si, de prime abord, « Pam & Tommy » a l’air d’une manière cheap d’aborder la décade ; il n’a fallu attendre que la fin de la toute première scène pour que je change d’avis en réalisant (un peu tard, il faut bien le dire, mais j’ai toujours été lent) que bien loin d’être creuse, la série est au contraire une belle opportunité d’explorer le balbutiement des errements qui gangrènent de manière toujours plus toxique le « World Wide Web » :
Invasion illégale de la vie privée, objectification pernicieuse de la femme, fascination malsaine pour le scandale, double standard sexiste entre les genres,… J’en passe et des pires.
 
Mais au-delà de cette promesse, la série a le bon goût d’élargir le cadre de son histoire pour y inclure le portrait tout en nuances de l’homme dont les actions ont ouvert la voie à l’utilisation du web dans une des fonctions qui restera la sienne pour les années à venir !
(Allez, que personne ne joue à l’innocent ! Internet, ça sert à trois choses : chercher sur Google™, aller sur les rézo sossio et mater du porno !)
Franchement, je m’attendais à beaucoup de choses en regardant « Pam & Tommy » mais pas que le premier épisode soit presque entièrement consacré à un menuisier au bout du rouleau aux prises avec un employeur tyrannique. (Bon, ok, je ne m’attendais pas non plus à voir Sebastian Stan parler avec un pénis animatronic dans l’épisode deux…mais bref !)
Sans chercher à justifier ses agissements, la série expose minutieusement les circonstances amenant ce col bleu (joué tout en retenue par Seth Rogen) à entrer en possession de la VHS la plus chaude bouillante du moment.

Cette attention particulière à fouiller ses personnages n’augure que du bon pour cette série qui, par les thèmes qu’elle promet d’explorer et à travers des interprétations impeccables, a tous les atouts pour être une des bonnes surprises de ce début d’année.



En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0046 : on devient ce qu'on mange

 







Salutations,


Je reviens avec de la grosse news pour ce début 2022 :
On a retrouvé Juliette Lewis !
Ce nom n’évoque sans doute pas grand-chose à tous ceux qui n’ont pas vécu leur adolescence pendant la dernière décennie du 20ème siècle, néanmoins, jugez plutôt : entre « les nerfs à vif » (Scorsese), « Gilbert Grape » (Hallström), « Tueurs nés » (Stone), « Strange Days » (Bigelow) et « Une nuit en enfer » (Rodriguez) ; je pense qu’on a conféré le statut de « culte » pour bien moins que ça !
Aaaaaah les glorieuses « nonante »….
Impossible d’y échapper ! Les années 90 sont tendance pour le moment, que ça vous plaise ou non ! D’ailleurs, en entendant « Hole » pour la énième fois, je me suis dit deux choses :

1) Je ne croyais pas que c’était possible, pourtant voilà : les références aux ‘nineties’ commencent à me gaver…
2) Je suis heureux pour Cobain : dans un juste retour des choses, sa femme est devenue encore plus cliché que lui pour illustrer la période…c’est toujours ça de pris…

Cependant ces considérations nous éloignent du sujet !
Sujet qui, au demeurant, n’est pas vraiment Juliette Lewis ; mais bien la série dans laquelle on l’a retrouvée : « Yellowjackets »

Et là vous vous dites : « Quoi ? Ça parle vêtement maintenant ici ? »
Bin non ! On va parler cuisine et football en fait !
En effet, on suit ici un groupe de jeunes filles qui se rend au championnat national de « Soccer » ; suite à un accident d’avion (attention, comme ‘Kal-El’ dirait, statistiquement parlant; cela reste toujours la manière la plus sûre de voyager !) elles sont obligées de changer de régime alimentaire…

Bon, en gros, ce résumé est correct, mais c’est bien entendu un peu plus subtil (et glauque) que ça.

Effectivement, à l’aide d’aller-retours du présent vers le passé, on nous présente une équipe de foot féminine qui semblait avoir tout pour réussir. L’histoire s’ouvre sur une journaliste qui, 25 ans après les faits, tente de comprendre ce qui est arrivé à ces collégiennes.

Et nous aussi d’ailleurs !

Rapidement on comprend que…quelque chose…s’est passé pendant ces longs mois où elles ont été livrées à elles-mêmes ; nonobstant, la journaliste n’obtient aucune réponse de ces survivantes bien décidées à laisser peu importe ce qui s’est passé derrière elles….
Quant au spectateur, il reçoit par à-coup des notions perturbantes de la vie qu’elles ont vécues pendant ces 19 mois qui ont manifestement fait ressortir les pires instincts chez certaines d’entre-elles !
C’est même le moins que l’on puisse dire : ces flashs rapides post-crash, entre « sa majesté des mouches » et « apocalypto » (alors que les passages avant le crash font plutôt penser à « Euphoria »), laissent même carrément présager un retour à l’état sauvage aussi sordide qu’intriguant.
Franchement... Ces jeunes ! Faut toujours qu'ils en fassent une tonne ! Que tu crèves de faim au point d’en venir au cannibalisme, passe encore ! Mais de là à t’habiller en peau de bête et traquer tes congénères pour les bouffer dans une sorte de rituel païen ; il y a tout de même des limites à ne pas franchir !

Plus sérieusement, ce qui est intéressant, c’est que cela donne une intrigue à trois niveaux (pour ceux qui ne suivent pas : avant le crash, les 19 mois de survie et leur vie après leur sauvetage) et chacune se nourrit (si vous me passez l’expression) de l’autre, donne un relief fascinant aux actions et aux paroles des protagonistes… Relief qui, idéalement, ne fera que prendre du volume jusqu’à en devenir vertigineux…
Car, s’il faut bien convenir que cette situation de décompensation psychique est presque hypnotique tant elle est extrême ; il est impératif de passer au-delà : pour que cette chronique soit aussi magnétique que tragique, il faudra bien que l’on s’attache aux personnages !
Mission accomplie ?
Globalement, oui Jean-Pierre !
Si on n’est pas irrémédiablement lié à ces footballeuses après la première heure, on est en tout cas suffisamment immergé dans leur vie (ce qu’elle était et ce qu’elle est devenue) pour avoir la curiosité de continuer.

A ce propos, je ne peux que remarquer la justesse du casting de la version ‘jeune’ des personnages ! Chacune des actrices brille de subtilité et cela contribue grandement à l’envie de poursuivre cette série qui fait tout de même figure d’épouvantail dans le paysage formaté des productions récentes.
Et tant que j’y suis, puisque j’ai ouvert cette critique par un ‘qu’est-elle devenue ?’, je vais également la refermer comme cela…
Car le show est aussi l’occasion de retrouver Christina Ricci qui semble promise à un rôle captivant dans une histoire qui promet de l’être tout autant !



En vous remerciant, bonsoir !