Affichage des articles dont le libellé est Saison 3. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Saison 3. Afficher tous les articles

lluBiE 0010 : qui cherche trouve

 




Salutations,


On a tous une série à laquelle on s’accroche un peu en dépit du bon sens, dont on reconnaît la flagrance des défauts sans que cela suffise pour arrêter les frais.
Je me suis plusieurs fois infligé ce triste rodéo et voilà déjà un petit temps que je projette de vous parler du dernier en date.
J’ai nommé « Titans ».
La diffusion du dernier épisode de la troisième saison me semblait le moment opportun pour se faire et j’ai donc décidé d’attendre cette occasion malgré le fait que je pensais savoir, dans les grosses lignes, ce que je voulais dire de ce show qui ne manque décidément jamais de me faire poser des questions sur mon degré de masochisme…
Le moment étant venu, je me suis rendu compte qu’en parler était plus facile à prévoir qu’à faire.
En effet, armé de mon stylo bille, essayant de rassembler mes idées en m’appuyant sur la conclusion de cette 3ème fournée, j’ai très vite compris que cela n’allait pas être chose aisé de décrire une série qui ne sait pas elle-même où sa queue et sa tête se trouvent (ou même encore, si elle a l’un ou l’autre…)
Comme souvent dans mes ‘lluBiEs’ on va s’aventurer sur territoire jonché de possibles ‘spoilers’, vous lirez donc la suite à vos risques et périls…

Pour expliquer mon acharnement à regarder une série qui a plus de défauts que ‘Joffrey Baratheon’, il faut parler de la saison 1.
Globalement bonne (voir très bonne), elle introduisait un Dick Grayson fraichement affranchi de son mentor schizophrène à tendance chiroptophobe.
Ayant laissé Gotham derrière lui, il est maintenant policier à Détroit où il essaye tant bien que mal de rester du ‘bon côté de la justice’.
Néanmoins, le garçon semble se débattre avec ses velléités d’abandon de combinaison en latex galvanisé et ses errements le mettent sur le chemin de Rachel Roth.
Déjà vu ? Effectivement ! Mais entre cette Rachel qui semble avoir besoin d’un exorcisme en bonne et due forme, un gamin qui se transforme en tigre vert, une belle jeune femme amnésique ET pyrokinétique, sans oublier le fait que l’ancien protégé de ‘Batman’ va demander de l’aide à ‘Wondergirl’; la série reste constamment sous haute tension, prenant rarement la peine de s’arrêter pour souffler : les épisodes font l’objet d’un traitement en forme de ‘page-turner’ où chaque chapitre pose autant de questions qu’il n’en adresse.
On semble bien là, non ?
Bin non.
Car la décision, motivée par la garantie de production d’une suite, de réduire ce premier cycle à 11 épisodes au lieu des 12 prévus va complètement chambouler la série…
Vous pensez peut-être que ce n’était pas rédhibitoire, et cela serait vrai si le but de la manœuvre était de continuer d’étoffer la storyline sur laquelle on était engagé et qui, sans être d’une originalité folle, avait au moins pour elle de poser des enjeux forts.
Manifestement, le but était ailleurs… Où ? Impossible à dire car, après avoir hâtivement résolu le cliffhanger de la saison 1, la série prend une toute autre direction ; faisant passer le suspense qu’elle a installé comme un passage inutile avant d’en venir au fait.

Cette première erreur d’appréciation n’est malheureusement pas la dernière pour une saison qui tombe dans le piège classique des secondes saisons : l’envie de faire ‘plus’ ! Plus grand, plus fort, plus beau…
Ici, entre la réformation officielle des ‘Titans’ (qui fait office de prétexte à explorer les sombres raisons de leur séparation initiale), l’introduction du méchant ‘Deathstroke’ (qui après l’authentique démon menaçant d’asservir l’humanité fait un peu pâle figure, tout ‘super-augmenté’ soit-il), La présence de Bruce Wayne (qui, ne semblant plus quoi faire avec ses ‘Robin’, le refile à Dick sous un prétexte aussi inutile que la présence du milliardaire l’est dans une intrigue déjà surchargée), l’arrivée de Conner Kent (Clone hybride de l’autre Kent et de Lex luthor…sans en dire plus, vous comprendrez à quel point l’intronisation d’un tel personnage est vorace en temps d’écran), L’infiltration des ‘Titans’ par la fille de ‘Deathstroke’ (une borgne également ‘super-augmentée qui va s’amouracher du futur ex ‘Robin’ que Bruce a collé aux basques de Dick), sans oublier (quand même) la continuation du cheminement personnel des personnages de la première saison (et non des moindres, les circonstances qui pousseront Dick à devenir ‘Nightwing’) ; on a largement dépassé la limite de ce que 13 épisodes peuvent véhiculer en gardant un semblant de cohésion.
Les storylines se trainent donc sans pouvoir se décider sur un point de focale, laissant l’intrigue en perpétuel déséquilibre pour se terminer en pétard mouillé.
Néanmoins, on va dire que l’essentiel est sauf à la fin : Grayson devient ‘Nightwing’ et les ‘Titans’ forment enfin une véritable équipe…

Ce qui nous amène à la saison 3.
Bonne nouvelle : les showrunners semblent enfin avoir compris qu’ils ne pouvaient pas rendre justice à autant de personnages à la fois et font le ménage en conséquence !
Mais malgré cette bonne intention, ils se prennent une fois de plus les pieds dans le tapis : alors qu’elle devrait, en toute cohérence, faire partie des ‘Titans’ ; une protagoniste centrale de la saison précédente disparaît ainsi complètement du tableau, comme si elle n’avait jamais existé ; laissant un arrière-goût désagréable de désaveu total du chapitre 2.
Pire encore, après un premier épisode qui expédie (excusez du peu) la mort de Jason (second ‘Robin’), la mort du ‘Joker’ et la mise en retraite de ‘Batman’ ; la série semble pourtant encore peiner à justifier la présence d’autant de personnages à l’écran.
De fait, il aurait été, à mon sens, plus judicieux de se passer des services d’un ‘Superboy’ (qui faisait déjà office d’appendice inutile dans la saison précédente) et qui, avec les mêmes pouvoirs que ‘Superman’, rend la mise en place d’un suspense à la mesure de son omnipotence quasiment impossible.
C’est tout ?
Malheureusement non ! Permettez-moi un dernier passage en revue assorti de quelques chiffres.
Car même en acceptant de passer au-dessus des 4 (sur cinq !) morts (dont une dans la saison 2) qui trouvent TOUS le moyen de revenir à la vie et sur, non pas un, mais deux épisodes complets qui se greffent à peu près aussi efficacement sur l’intrigue générale qu’un nez à l’arrière du genou ; on a toujours pas évoqué tous les problèmes qui ankylosent l’intrigue (spoiler alert, il y en a 6 !):

En effet, malgré un casting impeccable (Vincent Kartheiser qui après « Mad Men » montre ici une face étonnante de sa palette), le ‘vilain’ central de cette année empile les clichés et finit par tomber dans la caricature (1). Le personnage de ‘Starfire’ reste globalement décevant : elle perd et regagne ses pouvoirs à chaque saison sans que je ne comprenne jamais comment et pourquoi…sans parler du fait que son histoire familiale qui, sans être franchement passionnante, occupe pourtant une place importante de son temps d’écran (2). Cette version de Jason et ses atermoiements psychotiques auraient définitivement leur place dans ‘les feux de l’amour’ (3).Un TROISIEME ‘Robin’ est inutilement introduit (à ce stade, ça devient du fétichisme) (4). Après un passage en prison, sous prétexte de faire son introspection, qui frisait le ridicule lors de la saison 2 ; Dick est carrément obligé de mourir pour comprendre que…Euh bin en fait, ce qu’il a compris n’est pas clair…(5)
Il me reste encore à mentionner l’absence presque totale de Rachel, qui porte un coup presque fatal à la cohésion de l’ensemble des trois saisons (6) ; avant de préciser que je pourrais continuer !
Mais je vais m’arrêter là, je crois que tout le monde a compris : niveau qualité, on est loin du compte...

Une seule bonne chose à mettre en avant : Barbara Gordon !
Pertinemment jouée (Savannah Welch que j’espère revoir), assez bien écrite ; la relation qu’elle a avec Dick et surtout sa résolution sont LA bonne note de ce désastre.
Cette bonne note entretient une petite flamme d’espoir : une saison 4 est bel et bien prévue et je ne peux pas jurer que je ne m’installerai pas devant.
Alors, j’en conviens, après un tel portrait, c’est difficile à comprendre...comme je l’écrivais au début, je dois bien avouer qu’il faut que je me pose des questions sur d’éventuelles tendances masochistes chez moi !
Mais au final, mon vrai masochisme, c’est de continuer à espérer…(ah, comme c’est beau !)
Ce que j’espère, c’est qu’après autant de tâtonnements, les showrunners vont finir par trouver la bonne formule pour mettre en avant ces personnages qui, à la base, sont attachants.

Oui, la prochaine tentative sera la bonne… Qui cherche trouve… Non ?

 
En vous remerciant, bonsoir !

criTiQue 0013 : Retire ton masque !

Fringe 4

Salutations,

Puisque j’en viens à parler de « Fringe », je voudrais commencer par une petite mise au point (qui est, d’ailleurs, est l’une des (rares) causes de désaccord « culturel » avec mon ami N.) : Non, « Fringe » n’est pas un énième ersatz de « X-Files » !

Voilà qui est dit, je peux commencer…

Pour dire la vérité, cette affirmation n’a réellement pris son sens qu’a la fin de la première saison…Néanmoins, le doute n’est, depuis, plus permis : non seulement « Fringe » a une mythologie propre (ce qui est, aussi, la source d’un débat entre moi et N…) mais, qui plus est, elle fonctionne parfaitement bien…jusqu’à maintenant.

La théorie des « mondes parallèles » est un terrain de jeu formidable et il a été exploité avec excellence par l’équipe mise en place par l’inévitable JJ Abrams (producteur, entre autres, de « Lost »).

Pour cette troisième saison, les scénaristes ont décidé de pousser leur logique encore plus (trop ?) loin : Nous passerons une bonne partie de notre temps « là-bas » (dans une dimension parallèle). Je comprends que les nombreuses possibilités qu’offre ce changement de « décor » aient été très attirantes mais, en regardant la première fournée de cette cuvée 2010-11, j’en suis venu à me demander si le prix à payer en échange n’était pas trop dommageable à la série…

Je m’explique :

Quand on regarde de plus près, c’est autour de Walter que la trame s’organise et le poids dramatique de l’histoire est inhérent à la capacité des scénaristes à faire éprouver au téléspectateur de l’empathie pour le savant fou…

Ses…euh…erreurs liées à Peter et les conséquences qu’elles ont eue « là-bas », sa relation avec son « fils » (Peter donc), les circonstances qui l’on amené à être interné, la froideur (apparente) de ses liens avec William Bell (l’excellent Leonard Nimoy…”Spock” en personne !), l’affection et les regrets qu’il éprouve pour Olivia, le désarrois (parfois même la détresse) et les problèmes provoqués par sa mémoire défaillante, la complicité qu’il est en train de développer avec Astrid, son génie, sa touchante naïveté, ses remords et ses regrets…(Dois-je vraiment continuer ?) Walter est au cœur de tous les évènements qui jalonnent l’histoire et cela pose un problème car l’immersion de la trame « là-bas » nous coupe de lui.

Bien sûr, cela permet, aussi, une relecture de son personnage par l’entremise de son « double » et la lumière que cela jette sur les actions passées de « notre » Walter est intéressante. Mais il est indéniable que la froideur et le dégout qu’inspire « Walternate » (le Walter de « là-bas ») crée un déséquilibre :

En effet, « Fringe » étant une série de « science-fiction » passablement compliquée, la balance entre l’émotion et la « science » décrite se doit d’être parfaite…Ce n’est plus complètement le cas pour l’instant et, pour une série qui a du mal à trouver son publique, cela pourrait avoir de sévères conséquences.

Pourtant, loin de moi l’idée de me montrer déçu. Car ce début de troisième saison est, nonobstant mon aparté sur Walter, extrêmement efficace. La perversité émotionnelle créée par l’échange de « notre » Olivia avec la « leur » est tout simplement insoutenable et la tension malsaine que cela génère donne un souffle supplémentaire à cette série qui ne manque, décidément, pas d’atouts.

En vous remerçiant, bonsoir !

criTiQue 0007 : Attention mesdames et messieurs, dans un instant ça va commencer ! (Bilan de la saison 3)

Salutations,

C’est toujours difficile à encaisser : nous voilà repartis pour (à peu près) 270 dodos avant de revoir Sookie, Jessica, Pam (et maintenant, Cristal)

Bon, honnêtement, cette année l’attente sera plus facile à supporter. Car force est de reconnaître que le constat effectué au début de la troisième saison de True Blood reste de mise au moment de la clôture : cette saison restera, en ce qui me concerne, un petit cru.

Attention ! Je n’ai pas dit un mauvais cru !

C’était l’heure du bilan pour nombre de nos personnages et cette saison de transition fut le prétexte pour poser tout un tas de questions sur les réelles motivations de tout ce beau monde. Que veulent-ils ? Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Qui aiment-ils ?

Bien sûr, pour une série reposant sur sa propension à nous garder sous tension semaine après semaine, tenter de ralentir le rythme pour nous permettre de comprendre les tenants et les aboutissants des nombreux choix auxquels nos (anti)héros sont confrontés était un exercice destiné à être très (trop ?) difficile et le résultat s’en ressent :

Ces moments d’introspection étalés sur douze épisodes entre actions, sexe et pleurnichement étaient malheureusement de qualité inégale pour nos protagonistes.

Procédons avec méthode :

Sookie : C’est sûr, la belle miss geignarde télépathe a (tout de même) des raisons de se sentir paumée : Elle a appris qu’elle descendait des fées et que son sang était une sorte de « Dom Pérignon » pour les vampires qui, en plus, pouvait leur servir de crème solaire indice 1 million. Cela la rend donc un peu parano de savoir que son Billou a été envoyé par la reine Sofie-Anne pour la séduire (on le serait à moins…)

L’habituel « cliffhanger » de fin ne m’a pas contraint à ronger mes ongles jusqu’à la première phalange à la pensée de devoir attendre 9 mois pour voir la suite des rebondissements dans la vie sentimentale d’une Sookie semblant avoir attrapé la « casse-couillite » de ma grande amie « Bella »…malgré tout, (il faut avouer) je suis modérément curieux de savoir ce qu’il va se passer maintenant qu’elle est partie aux « pays » des fées

Néanmoin,s il est dommageable que Sookie passe par autant d’émotions contradictoires durant cette saison. Il aurait été salutaire de nous épargner une ou deux (voir trois) crises de « je t’aime moi non plus » car son personnage en a perdu (à mon goût) en cohérence (même si elle reste une « héroïne » de qualité)

Bill : Le pauvre bougre en a réellement bavé ces derniers temps… Après avoir essuyé une veste monumentale en réponse à sa demande en mariage, il se fait enlever ; est obligé de renoncer à celle qu’il (manifestement) aime vraiment, forcé de se « taper » une folle qu’il déteste et se fait condamner à mort (par éviscération),…Tout ça pour se faire à nouveau repousser par sa belle alors que nous avons, tout à la fin, la preuve irréfutable que son amour est sincère (il respecte sa promesse de tout faire pour éliminer ceux qui connaissent le secret de sa dulcinée).

L’histoire de Bill, déjà riche et dense, a encore gagné en opacité avec la révélation de son passé de gigolo au service de Sophie-Anne. On apprend que sa rencontre avec Sookie était motivée par la mission que la Reine lui avait confiée : Séduire la fée et lui amener sur un plateau en argent (enfin, façon de parler).

On le quitte alors que, tout en déclarant n’avoir « plus rien à perdre », il s’attaque à Sophie-Anne (pourtant sensée être bien plus puissante que lui)

Eric : C’est, plus ou moins, à bon escient que les scénaristes jouent avec la (ou les), très louche, motivation qui pousse le blondinet à agir. Cela donne à son personnage une certaine épaisseur sans laquelle son côté « beau gosse rebelle second degré » le rendrait insupportable (j’aurais préféré qu’on soit un peu plus subtil pour nous faire comprendre qu’il en pince pour « Sook » mais passons.)

Le lien qui l’unissait à Godric (qui un retour aussi surprenant qu’énigmatique), la belle relation qu’il entretient avec Pam et la nostalgie de sa vie humaine donne au viking un relief, le rend imparfait : il commet des erreurs et est vulnérable (et pas seulement dans le but de le rendre « attirant »)

Froid, intelligent et calculateur, au point d’en devenir un peu « cliché », il prouve dans ses relations avec sa « progéniture » et son « géniteur » qu’il est capable de véritable réponse émotionnelle qui crédibilise les « épreuves » qu’il traverse, qui donne à ses agissements (particulièrement quand il sont choquants) une, relative, intensité dramatique.

Sam : Je dois dire que je n’étais pas passionné par la quête initiatique de l’homme animal, ni par les frasques de sa famille retrouvée. Pire encore : le énième numéro d’homme tourmenté par son passé de tueur et qui pète les plombs « à cause que » on le croit gentil mais que c’est parce que personne ne le connait vraiment : c’est un vrai méchant !! (Non, non j’vous jure…faut pas le faire chier !)

Un « passé » vu et revu et rerevu qui est ici revisité, sans beaucoup d’imagination, mais qui est, in-extremis, sauvé par le coup de feu dirigé vers son demi-frère. Cet acte purement gratuit et meurtrier (encore que, attendons de voir ce qu’il se passe) change complètement la donne. Alors qu’il était en train d’essayer de remettre de l’ordre dans le merdier que ses dérives alcooliques avaient mis dans ses relations. Le vol de son argent (motif, s’il en est, vénal) lui fait, apparemment, complètement péter les plombs, le rendant sourd aux authentiques appels à l’aide de son frérot. Ce geste violent, disproportionné et choquant (couplé à sa « confession » à Tara) nous laisse avec une image définitivement abimée et une promesse d’ambigüité qui n’est pas sans me plaire…

Tara : Une fois n’est pas coutume (je n’ai jamais eu beaucoup d’affection pour elle), Tara symbolise, pour moi, le côté rédempteur (je m’expliquerai plus loin) de cette saison en demi teinte.

Son voyage jusqu’aux confins de l’horreur, le crescendo dans l’intensité émotionnelle de ce qu’elle doit endurer avec, en conséquence, la perte progressive des repères qui faisaient d’elle la personne qu’elle était. Tout cela la conduit logiquement à un départ digne et silencieux d’une poignante sobriété.

C’est un des seuls personnages (peut-être même le seul) chez qui on sent qu’une catharsis a été atteinte lorsqu’on comprend qu’elle va partir. L’arc de son histoire nous donne une conclusion satisfaisante en nous assurant, dans le même temps, d’une inévitable suite de ses déboires…Chapeau !

Jason : J’aurais pu avoir, à peu près, le même discours que pour Tara, car, dans un sens, Jason atteint lui aussi une catharsis en trouvant, enfin, sa voie. Néanmoins, je trouve regrettable qu’on nous ait imposé ce qui, au final, n’était qu’une variation de son cheminement au long de la deuxième saison. A savoir, la réaction excessive à une erreur par une tentative de réparation le poussant à poursuivre une voie qui n’est pas la sienne (la « confrérie du soleil » dans la s02 et la police dans la s03). Il aurait été plus judicieux (toujours selon moi) de développer de manière plus approfondie sa relation avec Crystal (soit dit en passant, l’actrice jouant Crystal n’était pas exceptionnelle dans son rôle…Je me demande ce que ça donne quand on compare avec les livres ...). Car, cela donne une impression de précipitation scénaristique quand, enfin, Jason rencontre sa « belle-famille » et comprend ce qu’il a faire. J’aurais beaucoup aimé être témoin d’une prise de conscience moins soudaine nourrie par un lent développement d’empathie…

Russel : Revenons à nos amis aux dents longues… RUSSEL : le « méchant » de cette année (et d’une partie de l’année prochaine sans doute) Un vrai, bon méchant. Sans avoir l’air d’y toucher (pas très beau, un peu frêle physiquement) est, apparemment, le plus puissant de tous les suceurs de sang. On ne se méfie pas de lui, il ne paye pas de mine. Il est raffiné, affable et charmant. Mais sous le vernis, c’est un vampire tyrannique, cruel et mégalomaniaque que l’on découvre au fur et à mesure de l’avancement de l’intrigue. Denis O’hare fait une fantastique boulot dans son interprétation, donnant au Roi du Mississipi une telle duplicité dans son élocution que tout ce qu’il dit ou fait peut avoir une signification antinomique. Etant le plus vieux de tous les vampires jusqu’alors introduit dans la série, il semble, comme tous les bons méchants, impossible à contrecarrer et encore plus à éliminer. C’est d’ailleurs une marque de l’intelligence d’Eric d’avoir su comprendre comment ébranler un être aussi puissant (c’est même dommage car Talbot, l’amant de Russel, procurait beaucoup de savoureux moments d’humour). Presque rendu dément par la perte de son amour, il est, temporairement, mis hors d’état de nuire par Eric. La manière dont il est « défait » est un peu trop naïve à mon goût : Même le blondinet n’anticipe pas plus de cent ans de répit avant de, à nouveau, avoir le meurtrier de sa famille humaine aux fesses (ce sera, bien sûr, beaucoup plus tôt). Bien que je me réjouisse de revoir bientôt Mr Edgington, il aurait, tout de même, été plus jouissif que sa réapparition soit un vrai « choc ».

Je ne vais pas faire la fine bouche, avec plus de trois mille ans au compteur, Russel à encore beaucoup de potentiel en tant que personnage. Reste à savoir comment il pourra s’intégrer dans l’intrigue de la quatrième saison…

Jessica : Autant l’avouer sans détour : J’en pince pour Jessica. Pourquoi ? Au-delà du fait qu’il me parait impossible de ne pas en pincer pour elle juste en la regardant, elle apporte à la série une touche d’innocence qui est réellement rafraîchissante. Son combat pour s’intégrer dans la vie active, ses insécurités, son incapacité à accepter qu’elle a droit, malgré sa différence, à l’amour sont autant d’embuches que traversent toutes les « adulescentes » du monde. Ironiquement, elle est notre point d’encrage, celle qui a les mêmes problèmes que nous, bref, celle à qui on peut s’identifier le plus facilement.

Sa romance avec Hoyd est appelée à encore amener des emmerdements dans leur vie respective et je doute que ces deux-là soient jamais libres de vivre leur idylle en paix. Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la tournure affective prise par la relation entre elle et Bill. Un vrai lien s’est forgé entre eux : tendre, timide et encore fragile sans que, à aucun moment, celui-ci ne nous paraisse forcé ou niai.

Lafayette : C’est toujours avec délectation que je suis les pérégrinations de ce personnage décidément atypique. Sa trajectoire est l’une des plus linéaire du ‘show’ et ne souffre de (presque) aucune fausse note. Que ce soit quand il s’agit de gérer les tentatives de suicide de Tara (ce qui nous amène à rencontrer sa, non moins intéressante, maman), sa réaction face au trépas, apparemment éminent, de Sookie ou sa manière de gérer se nouvelle relation avec Jésus (Lire Raisousss, évidemment), il garde une ligne de conduite entre flegme, discernement et intégrité qui est tout simplement irrésistible.

A sa manière, il a toujours été spécial et nous découvrons au long de la saison à quel point cette impression est, en fait, plus littérale qu’on ne le pensait. C’est avec impatience que j’attends de voir où va l’amener la découverte qui est victime des mêmes visions que sa mère.

Voilà pour mon petit tour d’horizon des personnages principaux d’une troisième saison qui ne laissera pas un souvenir impérissable. Encore une fois, c’était loin d’être mauvais, mais certaines intrigues, clairement écrite sur deux saisons (Lafayette – Jésus, Jessica – Hoyd, Arlène et son bébé, Andy avec ses tentations de grandeur, la complète disparition des loups garous en général et d’Alcide en particulier et l’introduction, un peu trop subtile, des sorcières) n’ont pas pu trouver un rythme qui aurait, tout de même, pu les amener à une conclusion satisfaisante. Ces histoires dans l’histoire n’y trouvaient pas leur place et ont semblé longtemps stagner pour ne vraiment décoller qu’au moment de les mettre en suspend pour un an. Dommage. Bien sûr, cette façon de construire son récit est audacieuse et couillu, ce n’est qu’à la fin de la prochaine saison que l’on jugera de sa pertinence et toutes mes plaintes pourraient s’en retrouver caduques…Qui vivra verra !

Pour autant, il ne serait pas honnête de terminer cette critique sans rendre à César ce qui appartient à César. L’équipe créative aurait pu tomber dans la facilité et se laisser glisser sur une pente qui aurait mené la série à l’outrance porno-soft ou le gore gratuit. Elle serait restée populaire et sulfureuse mais aurait été dépouillée de sa substance, de ce qui fait d’elle plus qu’une série sur des jolis vampires : Le fait que, en filigrame, le vrai enjeu reste le repli identitaire et l’intégration, malgré sa différence, toujours compliquée dans notre « société ».

En lieu et place de ces escalades, intelligemment, Alan Ball (le créateur) a choisi de maltraiter ses personnages à grand renfort de violence…psychologique. Comme je le disais plus haut, Tara est l’exemple parfait de cette martyrisation de la psyché que subissent tous nos protagonistes. Culminante dans l’épisode 10 (et dans une moindre mesure, dans le douzième), cette escalade donne une intensité dramatique aussi prenante que jouissive…Rien que pour cela, plus que jamais, True Blood reste une des meilleures séries de la décennie.

En vous remerciant, Bonsoir !

criTiQue 0003 : Cru mineur mais devrait arriver à bonne maturation

Salutations, Démarrage en douceur pour le premier épisode de la troisième saison de la série préférée de tous ceux qui aiment haïr 'twilight' (à prononcer 'twuilicht) C'est peut-être moi...Peut-être que cette année passée à attendre la suite des évènements de la saison 2 a lentement modifié mon souvenir jusqu'au point ou j'attendais beaucoup (trop?) du retour de la bande à 'Sookie'; Mais le fait est que j'ai trouvé cet épisode un peu fade... Nous sommes directement replongés dans le vif du sujet quand le résumé (bien nécessaire) des péripéties de la précédente saison se termine: Sookie a perdu son chéri avant de pouvoir lui dire "oui, Bill s'est (apparemment) fait kidnapper pour son formidable sex-appeal pour de charmants jouvenceaux follement en rut, Jason ressent une terrible culpabilité pour avoir tué Eggs (au point qu'il n'arrive même pas à s'occuper de 2 jeunes filles en même temps...je sais...), Tara pleure le décès de son prince charmant, Jessica a eu les canines plus longues que son ventre, Sam est à la recherche de sa famille et enfin, Éric, qui trafique du sang de vampire par ordre de la Reine Sofie-Anne (la toujours délicieuse Evan Rachel Wood), reçoit une visite de celle-ci accompagnée du 'Magister' (désolé, je ne sais pas comment le nom du personnage de l'omniprésent et toujours excellent Željko Ivanek est traduit en français),qui somme le blondinet préféré de ma femme de trouver celui se cache derrière la revente aux humains du précieux (et sacré) 'V' (c'est à dire lui-même) car (apprend-t-on) c'est un crime extrêmement grave chez nos amis au sourire 'golgate'. Vous me direz que pour un menu que j'ai trouvé fade, il a au moins le mérite d'être copieux...Mais c'est justement là que réside (à mon avis) le problème principal de cet épisode : il part dans beaucoup de directions sans aller bien loin. Je sais, je sais, ce n'est que le premier des 12 chapitres auxquels nous auront droit cette année encore mais j'aurais aimé que les scénariste se focalise sur moins d'intrigues en même temps...qu'on se le dise ! Tant que j'en suis à exprimer mes doléances : La 'quête' de Sam pour retrouver sa véritable famille m'a profondément ennuyée. A mon humble opinon, c'est une erreur de 'couper' Sam de l'intrigue centrale, cela 'casse' le rythme du récit et j'ai du mal à voir comment les scénaristes vont renouer les 2 fils...je sais, je sais nous ne sommes qu'au début...suite au prochain épisode alors...(comme on dit dans ces cas là) Enfin bon, restons objectif. Les ingrédients qui avaient fait de 'True Blood' une série agréable à regarder sont toujours présent. Le décor de cette saison devait être planté et même si j'attends avec plus d'impatience la poursuite de certaines trames (par exemple : il est clair que Eric et Sofie-Anne sont vraiment dans de beaux draps, les enjeux sont palpables et il est impossible de savoir ce qu'il va en découler...au contraire de Bill dont on peut-être raisonnablement sûr des chances de survie au-delà du deuxième épisode) que d'autres (par exemple : Tara et Sam auraient gagnés à recevoir plus de temps dans un épisode ultérieur pour faire justice à leurs personnages), il est certain que les jours entre 2 doses de 'True Blood' vont continuer à paraître long ! En vous remerciant, bonsoir !