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lluBiE 0010 : qui cherche trouve

 




Salutations,


On a tous une série à laquelle on s’accroche un peu en dépit du bon sens, dont on reconnaît la flagrance des défauts sans que cela suffise pour arrêter les frais.
Je me suis plusieurs fois infligé ce triste rodéo et voilà déjà un petit temps que je projette de vous parler du dernier en date.
J’ai nommé « Titans ».
La diffusion du dernier épisode de la troisième saison me semblait le moment opportun pour se faire et j’ai donc décidé d’attendre cette occasion malgré le fait que je pensais savoir, dans les grosses lignes, ce que je voulais dire de ce show qui ne manque décidément jamais de me faire poser des questions sur mon degré de masochisme…
Le moment étant venu, je me suis rendu compte qu’en parler était plus facile à prévoir qu’à faire.
En effet, armé de mon stylo bille, essayant de rassembler mes idées en m’appuyant sur la conclusion de cette 3ème fournée, j’ai très vite compris que cela n’allait pas être chose aisé de décrire une série qui ne sait pas elle-même où sa queue et sa tête se trouvent (ou même encore, si elle a l’un ou l’autre…)
Comme souvent dans mes ‘lluBiEs’ on va s’aventurer sur territoire jonché de possibles ‘spoilers’, vous lirez donc la suite à vos risques et périls…

Pour expliquer mon acharnement à regarder une série qui a plus de défauts que ‘Joffrey Baratheon’, il faut parler de la saison 1.
Globalement bonne (voir très bonne), elle introduisait un Dick Grayson fraichement affranchi de son mentor schizophrène à tendance chiroptophobe.
Ayant laissé Gotham derrière lui, il est maintenant policier à Détroit où il essaye tant bien que mal de rester du ‘bon côté de la justice’.
Néanmoins, le garçon semble se débattre avec ses velléités d’abandon de combinaison en latex galvanisé et ses errements le mettent sur le chemin de Rachel Roth.
Déjà vu ? Effectivement ! Mais entre cette Rachel qui semble avoir besoin d’un exorcisme en bonne et due forme, un gamin qui se transforme en tigre vert, une belle jeune femme amnésique ET pyrokinétique, sans oublier le fait que l’ancien protégé de ‘Batman’ va demander de l’aide à ‘Wondergirl’; la série reste constamment sous haute tension, prenant rarement la peine de s’arrêter pour souffler : les épisodes font l’objet d’un traitement en forme de ‘page-turner’ où chaque chapitre pose autant de questions qu’il n’en adresse.
On semble bien là, non ?
Bin non.
Car la décision, motivée par la garantie de production d’une suite, de réduire ce premier cycle à 11 épisodes au lieu des 12 prévus va complètement chambouler la série…
Vous pensez peut-être que ce n’était pas rédhibitoire, et cela serait vrai si le but de la manœuvre était de continuer d’étoffer la storyline sur laquelle on était engagé et qui, sans être d’une originalité folle, avait au moins pour elle de poser des enjeux forts.
Manifestement, le but était ailleurs… Où ? Impossible à dire car, après avoir hâtivement résolu le cliffhanger de la saison 1, la série prend une toute autre direction ; faisant passer le suspense qu’elle a installé comme un passage inutile avant d’en venir au fait.

Cette première erreur d’appréciation n’est malheureusement pas la dernière pour une saison qui tombe dans le piège classique des secondes saisons : l’envie de faire ‘plus’ ! Plus grand, plus fort, plus beau…
Ici, entre la réformation officielle des ‘Titans’ (qui fait office de prétexte à explorer les sombres raisons de leur séparation initiale), l’introduction du méchant ‘Deathstroke’ (qui après l’authentique démon menaçant d’asservir l’humanité fait un peu pâle figure, tout ‘super-augmenté’ soit-il), La présence de Bruce Wayne (qui, ne semblant plus quoi faire avec ses ‘Robin’, le refile à Dick sous un prétexte aussi inutile que la présence du milliardaire l’est dans une intrigue déjà surchargée), l’arrivée de Conner Kent (Clone hybride de l’autre Kent et de Lex luthor…sans en dire plus, vous comprendrez à quel point l’intronisation d’un tel personnage est vorace en temps d’écran), L’infiltration des ‘Titans’ par la fille de ‘Deathstroke’ (une borgne également ‘super-augmentée qui va s’amouracher du futur ex ‘Robin’ que Bruce a collé aux basques de Dick), sans oublier (quand même) la continuation du cheminement personnel des personnages de la première saison (et non des moindres, les circonstances qui pousseront Dick à devenir ‘Nightwing’) ; on a largement dépassé la limite de ce que 13 épisodes peuvent véhiculer en gardant un semblant de cohésion.
Les storylines se trainent donc sans pouvoir se décider sur un point de focale, laissant l’intrigue en perpétuel déséquilibre pour se terminer en pétard mouillé.
Néanmoins, on va dire que l’essentiel est sauf à la fin : Grayson devient ‘Nightwing’ et les ‘Titans’ forment enfin une véritable équipe…

Ce qui nous amène à la saison 3.
Bonne nouvelle : les showrunners semblent enfin avoir compris qu’ils ne pouvaient pas rendre justice à autant de personnages à la fois et font le ménage en conséquence !
Mais malgré cette bonne intention, ils se prennent une fois de plus les pieds dans le tapis : alors qu’elle devrait, en toute cohérence, faire partie des ‘Titans’ ; une protagoniste centrale de la saison précédente disparaît ainsi complètement du tableau, comme si elle n’avait jamais existé ; laissant un arrière-goût désagréable de désaveu total du chapitre 2.
Pire encore, après un premier épisode qui expédie (excusez du peu) la mort de Jason (second ‘Robin’), la mort du ‘Joker’ et la mise en retraite de ‘Batman’ ; la série semble pourtant encore peiner à justifier la présence d’autant de personnages à l’écran.
De fait, il aurait été, à mon sens, plus judicieux de se passer des services d’un ‘Superboy’ (qui faisait déjà office d’appendice inutile dans la saison précédente) et qui, avec les mêmes pouvoirs que ‘Superman’, rend la mise en place d’un suspense à la mesure de son omnipotence quasiment impossible.
C’est tout ?
Malheureusement non ! Permettez-moi un dernier passage en revue assorti de quelques chiffres.
Car même en acceptant de passer au-dessus des 4 (sur cinq !) morts (dont une dans la saison 2) qui trouvent TOUS le moyen de revenir à la vie et sur, non pas un, mais deux épisodes complets qui se greffent à peu près aussi efficacement sur l’intrigue générale qu’un nez à l’arrière du genou ; on a toujours pas évoqué tous les problèmes qui ankylosent l’intrigue (spoiler alert, il y en a 6 !):

En effet, malgré un casting impeccable (Vincent Kartheiser qui après « Mad Men » montre ici une face étonnante de sa palette), le ‘vilain’ central de cette année empile les clichés et finit par tomber dans la caricature (1). Le personnage de ‘Starfire’ reste globalement décevant : elle perd et regagne ses pouvoirs à chaque saison sans que je ne comprenne jamais comment et pourquoi…sans parler du fait que son histoire familiale qui, sans être franchement passionnante, occupe pourtant une place importante de son temps d’écran (2). Cette version de Jason et ses atermoiements psychotiques auraient définitivement leur place dans ‘les feux de l’amour’ (3).Un TROISIEME ‘Robin’ est inutilement introduit (à ce stade, ça devient du fétichisme) (4). Après un passage en prison, sous prétexte de faire son introspection, qui frisait le ridicule lors de la saison 2 ; Dick est carrément obligé de mourir pour comprendre que…Euh bin en fait, ce qu’il a compris n’est pas clair…(5)
Il me reste encore à mentionner l’absence presque totale de Rachel, qui porte un coup presque fatal à la cohésion de l’ensemble des trois saisons (6) ; avant de préciser que je pourrais continuer !
Mais je vais m’arrêter là, je crois que tout le monde a compris : niveau qualité, on est loin du compte...

Une seule bonne chose à mettre en avant : Barbara Gordon !
Pertinemment jouée (Savannah Welch que j’espère revoir), assez bien écrite ; la relation qu’elle a avec Dick et surtout sa résolution sont LA bonne note de ce désastre.
Cette bonne note entretient une petite flamme d’espoir : une saison 4 est bel et bien prévue et je ne peux pas jurer que je ne m’installerai pas devant.
Alors, j’en conviens, après un tel portrait, c’est difficile à comprendre...comme je l’écrivais au début, je dois bien avouer qu’il faut que je me pose des questions sur d’éventuelles tendances masochistes chez moi !
Mais au final, mon vrai masochisme, c’est de continuer à espérer…(ah, comme c’est beau !)
Ce que j’espère, c’est qu’après autant de tâtonnements, les showrunners vont finir par trouver la bonne formule pour mettre en avant ces personnages qui, à la base, sont attachants.

Oui, la prochaine tentative sera la bonne… Qui cherche trouve… Non ?

 
En vous remerciant, bonsoir !

lluBiE 0002 : R.I.P.



Salutations,

Comme le sujet avait requis l’ouverture d’une petite parenthèse dans ma dernière (et première) publication, il me parait judicieux d’étoffer mon propos avant de passer à autres choses
Comme je le mentionnais David S. Goyer est en train d’écrire le script de la énième tentative de reboot de la franchise ‘Superman’ sous la houlette de Christopher Nolan

((ouverture d’une petite parenthèse) Après avoir fait subir au monde une chiée de ‘prequel’, il semblerait que Mr Hollywood soit maintenant convaincu que le meilleur moyen de faire de l’argent est de reprendre tout à zéro. Ainsi, depuis la résurrection en 2005 d’un homme chauve souris ridiculisé jusqu’à outrance par Joël Schumacher, nous avons eu droit au reboot de Halloween, Hulk, Star Trek (mention honorable à J.J. pour le bon boulot réalisé à cette occasion) et bien sûr LE reboot des reboots : James Bond (je pourrais publier tout un texte sur les 2 derniers de la liste tellement il y a des choses à en dire...affaire à suivre...) et cette tendance n’est pas prête de s’arrêter. Nous aurons bientôt droit – dans un futur plus ou moins proche – à une chiée de ces tentatives mal déguisée de faire de l’argent d’un manque total de créativité (ou peut être d’un excès…qui sait ?) : Conan, Highlander, Robocop, La mouche et Police Académie (je frémis déjà à cette idée) sont sans doute les seules exemples qui ont, un tant soit peu, de sens au vue de l’inéluctable passage du temps. Néanmoins, ces dernier mois on dirait que le temps n’avance plus assez vite pour Mr Hollywood et pas moins de 4 films sortis après 2001 vont avoir droit à ce traitement. Pour les Daredevil, Tomb Raider et autres 4 fantastiques il sera difficile (pour ne pas dire impossible) de faire pire que le premier essai et au final je ne peux pas dire que je ne ressente pas une certaine joie à l’idée de voir ces navets subir ce qui (je l’espère en tous cas) s’apparente à un balançage dans la poubelle de l’oubli…Mais, pour en arriver au but de cette parenthèse, il était évident que cette affliction allait finir par occasionner des dommages collatéraux et la première victime à été désignée : Spiderman.
Mr Hollywood en avait marre d’attendre que Sam Raimi peaufine son scénario et que Tobey Maguire finisse de déterminer la hauteur de la montagne de billet qu’il le convaincrait de remettre le costume moulant de l’homme araignée. Mr H a finit par décréter que puisque le temps c’était de l’argent, il trouverait sans doute plus rapidement quelqu’un pour le remonter au lieu d’attendre qu’il continue à passer. Peter Parker devra donc retourner à l’école pour se faire mordre et s’infliger (et nous infliger par la même occasion) la torture de tomber amoureux de la plus jolie plante du lycée.
Le temps me permettra de juger de la pertinence de cette décision mais la logique qui se cache derrière la remise à zéro d’une trilogie qui avait donné au ‘genre’ (le film de super héros) au moins 2 films (presque 3) référence qui en plus d’être profondément humain était visuellement irréprochable (même si la franchise n’a que péniblement passé l’épreuve du troisième volet) tout en rapportant du fric en pagaille à Mr Hollywood m’échappe totalement (fin de la petite parenthèse))

Puisque la reprise de la franchise par un autre que Bryan Singer est inéluctable, l’annonce du tandem Goyer – Nolan comme repreneur est la meilleure des nouvelles que je pouvais espérer recevoir. Cependant il me semble que je dois à ‘Superman Returns’ un hommage, histoire de m’aider à tourner la page sur cette lubie…

Pour un fan des films de Donner (Superman I et sa version de Superman II) La principale qualité de ‘Superman Returns’ est sans aucun doute la continuité. Faire reprendre ‘returns’ là ou l’histoire aurait du s’arrêter (c’est à dire à la fin du II). (Au demeurant, il très clair dès les premières secondes générique que Singer revendique la filiation de son travail à celui de Donner et les clins d’œil sont abondant tout au long du film) est la première bonne idée de la petite liste de bonnes idées que je voudrais énumérer.
La deuxième qualité de ‘SR’ c’est d’établir de façon crédible « l’humanité » de Kal-el en lui donnant une personnalité moins lisse qu’il n’y parait au premier abord, au-delà des capacités exceptionnelles que lui confère notre soleil, Superman est une personne avec ses qualités et ses défauts, des aspirations et des envies. Capable de ressentir le doute et la frustration.
La troisième qualité de ‘SR’ est d’exposer clairement les enjeux, ainsi que de rétablir l’ampleur des aptitudes de Superman pour mieux nous faire douter de la faculté de Kal-El à se sortir du pétrin qu’a crée Lex pour lui.
De donner l’opportunité à un humain (bon d’accord on parle de Lex Luthor mais bon…Il reste une simple humain) de faire vaciller l’extra-terrestre, de le transformer en colosse au pied d’argile au lieu de chercher à tous prix l’escalade dans l’action (en introduisant un deus-ex machina ou un autre protagoniste un peu venu se perdre dans l’histoire par exemple) est sans doute la deuxième bonne idée…(même si il est clair que c’est cela qu’il avait en tête pour le deuxième volet, il a fait ce film pour nous re-présenter aux personnages et s’y est tenu)
Mais la plus grande qualité (qui découle, en fait, des autres) du film est de nous faire ressentir de la pitié pour Kal-El, de nous faire ressentir du dégout pour son rosage et du soulagement pendant son sauvetage (par des humains)
Donnant à la scène ou il soulève la masse de Kryptonite une réelle intensité dramatique (j’ai toujours envie de l’aider à tenir ce fichu caillou)
Comment omettre la prestation de Kevin Spacey en Lex Luthor et le retour de Marlon Brando en Jor-El ?
Je m’arrêterais en citant également la tentative de mettre Superman dans le contexte des problèmes du monde actuel (terrorisme, guerre, etc.) et de donner une dimension international à ses bonnes actions…J’écris tentatives car de ce point de vue là Singer ne remplis pas tout à fait le cahier des charges et me laisse un goût d’inachevé.

Enfin bon, pour toutes ses qualités le film à aussi une embarassante flopée de défauts…En vrac :
Kate Bosworth a peut être réussi à impressionner Kevin Spacey au théâtre mais elle fait, au mieux, un travail moyen en Loïs Lane dans ‘SR’, alors que la scène de son sauvetage de la noyade fonctionnait, on ne croit pas une seconde qu’il (Superman) ne se réveillera pas à la fin, l’alchimie entre nos 2 tourtereaux est loin d’être à couper le souffle, j’aurais pu me passer de l’ambiguïté sur l’identité de Jason…et qu’est ce que Kutner vient faire là dedans ? Un peu d’inventivité sur la façon dont personne ne reconnaît Kal-El en Clark Kent n’aurait pas fait de mal et enfin, je n’ai rien contre le fait de prendre un inconnu pour le rôle de Superman mais un jeu un peu moins lisse aurait dynamisé le personnage

Malheureusement, Singer n’aura jamais l’occasion de rentabiliser les efforts qu’il a déployés pour garder son histoire centré sur ce qui les plus important : les personnages. Bien sûr les effets spéciaux sont impressionnants et certaines trouvailles ajoutent une touche « réaliste » à l’ensemble (le boum du mur du son, la pénétration dans l’atmosphère, ses cheveux qui se défont, une manière de se mouvoir dans l’air qui tient compte de la résistance de celui-ci,…) mais surtout il nous avait donné des personnages auxquels on pouvait s’attacher et était maintenant libre de s’amuser (et nous divertir) avec eux. Malheureusement on ne saura jamais ce que cela aurait pu donner parce que Mr Hollywood a décidé qu’un benef’ d’à peu près 100 millions de dollars, ça n’était pas assez…'Superman Returns' n'est pas un grand film mais il mérite d'être défendu, il méritait mieux que d'être traité comme si il n'avait pas existé et je voulais faire ma part dans un travail de reconnaissance que personne ne trouve nécessaire (avec raison)

En vous remerciant, bonsoir !

RIP Superman Returns