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lluBiE 0011 : l’insoutenable légèreté de l'être









Salutations,



Il y a des choses dans la vie qui sont difficiles à assumer.

Personnellement, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui pensait que c’était une bonne idée de déclarer fièrement qu’il possédait un compact disque des ‘Spice Girls’ ou qu’il connaissait par cœur ‘sensualité’ à un moment de son existence (toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé serait purement fortuite)… C’est pourtant une vérité immuable : on traine tous des petits coups de cœur honteux, souvenirs d’une vie antérieure que l’on n’arrive plus à connecter à nous-mêmes...

Et puis, il y aussi les plaisirs coupables ; les choses dont la popularité est tellement énorme qu’on a un peu honte de grossir les rangs de ceux qui se pâment devant ce qui a été identifié, à tort ou à raison, comme ‘cliché’.
De ce point de vue, et sans avoir l’air d’y toucher, parler d’« Euphoria », c’est exactement le même que de lancer bravement dans une conversation que l’on adore « Le cercle des poètes disparus »…
Vous vous rappelez ? Une dizaine d’ados dans les années 50 qui, n’écoutant que leur courage, se mettent debout sur leur banc d’école pour montrer à leur professeur déchu qu’ils ont l’intention de continuer à « cueillir le jour présent », et ce, malgré le traumatisant suicide de leur camarade de classe ne pouvant supporter d’être interdit par son père de jouer du théâtre…
Voilà, c’est ça, ce film-là !
Sérieux, même ceux qui n’ont pas vu le film connaissent la fin du ‘cercle des poètes’ : « Oh capitaine, mon capitaine ! »
(…Excusez mes larmes, c’était trop d’émotion d’un coup…)
C’en est presque écœurant tellement c’est mielleux…Et c’est grandiose !
Pourquoi ?
Je suis fatigué de me répéter, Jean-Pierre : dans toute fiction, plus le travail sur les personnages est réussi, plus l’émotion que l’on veut projeter (le rire, le drame, la peur,…) va faire son office !
N’en déplaise à certains, c’est sans aucun doute le cas pour le film de Peter Weir (1989… Yep, vous avez bien lu : le long-métrage les 35 ans !)
On a passé du temps avec eux, apprenant à connaître leurs failles, leurs espoirs et, surtout, leur envie d’émancipation de valeurs qui les oppressent… De fait, quand à la fin, après avoir été témoin de leurs petites victoires face à cette société qui veut leur imposer ses normes et les avoir vu subir un rappel brutal de son emprise sur leur vie ; ils nous montrent qu’ils ont irrémédiablement changé…
Il devient alors difficile (voir impossible) de ne pas être ému par ce « Oh capitaine, mon capitaine ! » (Pour citer un exemple : ma fille, qui avait 12 ans à l’époque, a regardé le film avec un ennui relatif mais a immanquablement trouvé la fin puissante)

Revenons à « Euphoria »
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la série ‘HBO’ fait parler d’elle…et pas toujours en bon terme. (J’entends par là, en terme qui soit exact, d’où ce billet : si je ne rétablis pas la vérité, qui le fera ?)
La concomitance entre son énorme popularité, et la manière dont elle est réduite à ses aspects les plus sulfureux ; tout comme ‘poètes disparus’ en est souvent réduit à être décrit comme une histoire doucereuse avec Robin Williams, confère donc aux deux le titre réducteur de ‘plaisir coupable’ : un intérêt dont on se passe volontiers de parler (surtout si on a plus de 40 ans) sous peine de voir son interlocuteur rouler des yeux…
Cependant, il y une (autre) connexion évidente (même en prenant en considération les différences fondamentales entre 1959 et 2018) entre ce duo improbable (attention, je vais enfoncer une porte ouverte !) : leurs protagonistes respectifs sont à la recherche de leur identité.

Ce qui m’amène au sujet de cette ‘lluBiE’…

La chose que j’entends le plus autour de moi quand la série est évoquée, c’est : « c’est cliché à moooort ! »

Voyons : c’est l’histoire d’une addict aux drogues qui tombe amoureuse d’une fille transgenre et dont le groupe d’amis est composé d’une fille timide éclipsée par sa sœur, d’une pom-pom girl qui doit gérer les retombées de la diffusion de photos d’elle dénudée, d’une autre pom-pom qui sort ‘on and off’ avec le quaterback star du lycée, d’un revendeur de drogue et d’une fille ‘plus size’ qui va découvrir son pouvoir de séduction sur internet…

Bon, ok, difficile de conclure autrement : plus cliché, tu meurs !

Alors qu’est ce qui a fait d’« Euphoria » une de mes séries préférées ? (dans mon top 10 ? Ce n’est pas impossible !)

Il y a
trois raisons à cela, Jean-Pierre :

(1) C’est presque élémentaire (ou ça devrait l’être en tout cas) : Sam Levinson (le fils de l’autre Levinson) le créateur-producteur-scénariste-réalisateur de cette série, utilise avec talent l’arme la plus puissante en matière de storytelling : le respect.
Je sais, dit comme ça, ça parait un peu con, genre : ‘Le gars, il respecte carrément ses personnages ?? Waaaaw !’
Pourtant, ça fait toute la différence ; car il les respecte malgré ce qu’ils sont…et ce n’est pas une mince affaire pour certains d’entre eux…
Le résultat ? Relativement rapidement (cela dépendra de votre sensibilité), vous oublierez que vous regardez une cheerleader ou une personne transgenre, un dealer ou un jock, un infidèle compulsif ou une poivrote ; c’est presque du ‘satisfait ou remboursé’ : vous arrêterez tout simplement de prendre ces stéréotypes en compte.
Ce que vous allez voir à la place, ce sont des portraits d’êtres humains qui dépassent largement le cadre des clichés qu’ils véhiculent : Levinson traite tous ses protagonistes avec une empathie sans réserve, et cette empathie finit par traverser l’écran pour nous remplir, nous habiter.

Mais comment fait-il, Madame ?

Là aussi, la réponse est censée couler de source (c’est pourtant loin d’être toujours le cas) : au fil des épisodes, des saisons ; il donne corps à ces chimères, il leur donne des nuances, des couches supplémentaires qu’il prend le temps de gratter, histoire de restituer à chacun(e) la complexité qui lui est propre.
Incroyable, non ? On est tellement biberonné au manichéisme, tellement habitué à ce que nos conclusions nous soient prémâchées pour qu’on puisse les avaler tout rond que ce rappel en passe pour fondamental : il y a toujours des raisons sous-jacentes à nos comportements, des plus basiques au plus extrêmes ; et si on prend le temps d’aller au-delà des apparences, ces raisons se révèlent souvent aussi complexes que touchantes.

Quand on arrive à assimiler cette évidence, on est alors crument pris à la gorge par ce rite de passage d’ado tentant, comme les ‘poètes disparus’ (et tant d’autres avant et après), de gérer ‘l’éternel retour’. (Concept cher à mon pote Nietzsche ; si ça vous interpelle, vous pouvez aller lire ça)
Cette documentation ne se limite méritoirement pas à la jeunesse ; on la continue à travers les parents qui semblent, quant à eux, en plein 'punch-drunk syndrome' : mis au tapis par la dissonance entre leur vie et leurs rêves adulescents…
Cela nous met face à l’inéluctable : on garde un rapport conflictuel avec cette injonction normative tout au long de notre existence.
L’exploration de ces vies donne l’impression d’être coincé dans un roller-coaster émotionnel, sans cesse forcé à revoir notre jugement sur cet ensemble : On les adore, on les déteste, on les admire, on les condamne ; ils nous ennuient, ils nous passionnent, ils sont frustrants, ils sont attachants… En un mot, ils nous bouleversent !
Ils nous bouleversent parce qu’ils sont dans un état de perpétuel questionnement ; comme je le disais plus avant, à l’instar de leurs comparses de 1959, ils sont en quête de réponses face à la question la plus angoissante de leur vie : « Qui suis-je ? »

Et c’est là qu’un autre tour de force s’opère : cet état ne nous est pas, contrairement à ce qui est beaucoup écrit, platement exposé par un simple enchainement de situations choquantes ou par une surexposition verbeuse de pathos !
Je sens déjà votre scepticisme ; j’étends clairement votre « et comment il fait, alors, ton Sam Levinson? »

Ne vous énervez pas, Madame, je m’en vais vous expliquer !

Son secret, c’est qu’il s’en remet à la puissance d’une magnifique mise en scène
(2) : grâce à elle, on est littéralement baigné dans les émotions des personnages.
Le cadrage, les couleurs, le grain, le montage et la musique offrent une palette aussi subtile que versatile et les scènes s’enchainent avec une fluidité à peine croyable : tantôt féérique, parfois glauque ; intense et frénétique par moments mais aussi d’une sobriété parfaite quand il le faut.
Cette subjectivité assumée nous indique clairement que ce que l’on regarde n’est effectivement PAS la réalité, juste le point de vue de la personne que l’on observe.
Cela nous rappelle une vérité immuable : la manière dont on perçoit notre vie, notre bonheur, notre malheur ; est entièrement subjective…

Alors qu’est-ce qui fait tant de bruit ?

Ce n’est pas sorcier : « Euphoria » provoque des remous parce qu’elle traite de sujets éminemment complexes et cela met les gens de ma génération (et, par corollaire, celles d’avant) dans l’inconfort total.
Rien de neuf sous le soleil donc, nous avons été élevés comme ça : quand on n’est pas à l’aise avec quelque chose, on le rejette comme faux.
Bien conscient de cet état de fait, je pensais néanmoins (je suis décidément bien naïf) qu’un nombre non négligeable de mes contemporains était capable d’outrepasser ces biais… Quel ne fut pas mon désarroi de constater que ce n’était manifestement pas le cas ! A tel point que la série est régulièrement blâmée de faire « l’apologie de la drogue » !

Je parle bien évidemment de ‘Rue’, jouée par Zendaya…

Je ne vais pas trop m’attarder sur elles, je n’ai pas envie de transformer ce billet en pamphlet... Juste le temps de partager mon horreur face à la totale déshumanisation de ce personnage par la plupart des médias ; la récusation des enjeux par une machine à news qui se contente d’un jugement réducteur sur l’utilisation de la célébrité de son interprète afin de faire passer ‘la jeunesse’ pour dépravée...
(Pour paraphraser, cela donne immanquablement ceci : « C’est vrai qu’elle est courageuse Zendaya de se mettre de la morve au nez pour jouer les droguées ! Mais ça va trop loin ! Ce n’est pas la réalité ! Les jeunes, ils ne font pas que se droguer, se mettre à poil et déprimer ! »)
J’ai lu tant de variations de cette phrase que je me suis souvent demandé si j’avais vu la même chose que tout le monde... Quand je pense que beaucoup sont payés pour écrire des inepties pareilles, ça me déprime...
Comme expliqué au moment de parler de la mise en scène, la série nous montre très clairement qu’elle ne prétend PAS filmer la réalité ! That’s the whole point !
Ce qui est par contre bien réel, c’est l’avertissement clair sur les ravages de la drogue que le show déploie : je me suis plus d’une fois demandé si j’avais le cœur suffisamment accroché pour continuer de regarder cette fille se détruire en emportant avec elle tous ceux qu’elle aime…
Qui plus est, il me semble vivement avoir vu une série capable de légèreté, de beauté, d’espoir et d’excentricité…Je suis bien en peine d’expliquer pourquoi je ne retrouve pas ces notions dans la plupart des articles que je lis sur le show !
Bref, ceci étant dit, comme je l’ai déjà précisé plusieurs fois, ce salon n’est pas le lieu approprié pour déconstruire les raccourcis simplistes. Ces sujets doivent être adressés avec sérieux et profondeur, et ce n’est pas vraiment le style de la maison ; je préfère donc les laisser à ceux qui sauront les traiter comme il se doit...

Je disais donc : Zendaya...

Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que ça arrive, mais ça n’en reste pas moins dommage : cette focalisation sur une et une seule personne éclipse, de facto, le reste du cast
(3) ; alors que celui-ci est la troisième bonne raison (sans ordre précis d’importance) de regarder « Euphoria » !

Effectivement, malgré les apparences, aucun personnage n’est facile à jouer dans cette série: ‘Maddy’ n’est pas plus simple à interpréter que ‘Rue’, ‘Cassie’ n’est pas moins intéressante que ‘Juls’ et ‘Fez’ a autant de nuances que ‘Nate’ ; et aucun des acteurs ne passe à côté de son sujet !
Tant Alexa Demie (‘Madeleine Perez’) que Sydney Sweeney (‘Cassandra Howard’) font un excellent travail avec ces pom-pom girls de prime abord totalement superficielles, alors que Angus Cloud (‘Fezco’) et, surtout, Hunter Schafer (‘Jules Vaughn’), qui sont pourtant des novices complets, font des merveilles.
Je ne vais également pas me priver de citer Maud Apatow (‘Alexis Howard’) ou Sophia Rose Wilson (‘Barbara Brooks’), généreuses et attachantes dans leur rôle de filles effacées qui cherchent à sortir de l’ombre ; et je ne vais pas non plus omettre Eric Dane (‘Cal Jacobs’) qui est absolument parfait dans le rôle du mâle prédateur dans tout ce qu’il a de détestable qui croule sous le poids de ses désillusions...Tant que je suis sur le sujet du mâle blessé, Jacob Elordi (‘Nathaniel Jacobs’), souffre un peu de la comparaison avec son père à l’écran, mais ce serait malhonnête de ne pas reconnaître le courage avec lequel il se donne dans un rôle on ne peut plus écœurant.

Impossible de terminer sans toucher un mot sur la performance de Zendaya (‘Ruby Bennett’), qui est absolument surnaturelle…
(Histoire que ce soit clair, je vais le dire : je suis fan ; elle mérite chaque prix, chaque compliment qu’elle reçoit pour cette composition.)
Car, peu importe mes sentiments personnels sur la surexposition de ce fait, sa personnification est bel et bien le symbole de la série ; et cette formidable actrice restitue avec une grâce fragile un fardeau à la fois fugace et magnifique : l’insoutenable légèreté de l'être.




En vous remerciant, bonsoir !

lluBiE 0010 : qui cherche trouve

 




Salutations,


On a tous une série à laquelle on s’accroche un peu en dépit du bon sens, dont on reconnaît la flagrance des défauts sans que cela suffise pour arrêter les frais.
Je me suis plusieurs fois infligé ce triste rodéo et voilà déjà un petit temps que je projette de vous parler du dernier en date.
J’ai nommé « Titans ».
La diffusion du dernier épisode de la troisième saison me semblait le moment opportun pour se faire et j’ai donc décidé d’attendre cette occasion malgré le fait que je pensais savoir, dans les grosses lignes, ce que je voulais dire de ce show qui ne manque décidément jamais de me faire poser des questions sur mon degré de masochisme…
Le moment étant venu, je me suis rendu compte qu’en parler était plus facile à prévoir qu’à faire.
En effet, armé de mon stylo bille, essayant de rassembler mes idées en m’appuyant sur la conclusion de cette 3ème fournée, j’ai très vite compris que cela n’allait pas être chose aisé de décrire une série qui ne sait pas elle-même où sa queue et sa tête se trouvent (ou même encore, si elle a l’un ou l’autre…)
Comme souvent dans mes ‘lluBiEs’ on va s’aventurer sur territoire jonché de possibles ‘spoilers’, vous lirez donc la suite à vos risques et périls…

Pour expliquer mon acharnement à regarder une série qui a plus de défauts que ‘Joffrey Baratheon’, il faut parler de la saison 1.
Globalement bonne (voir très bonne), elle introduisait un Dick Grayson fraichement affranchi de son mentor schizophrène à tendance chiroptophobe.
Ayant laissé Gotham derrière lui, il est maintenant policier à Détroit où il essaye tant bien que mal de rester du ‘bon côté de la justice’.
Néanmoins, le garçon semble se débattre avec ses velléités d’abandon de combinaison en latex galvanisé et ses errements le mettent sur le chemin de Rachel Roth.
Déjà vu ? Effectivement ! Mais entre cette Rachel qui semble avoir besoin d’un exorcisme en bonne et due forme, un gamin qui se transforme en tigre vert, une belle jeune femme amnésique ET pyrokinétique, sans oublier le fait que l’ancien protégé de ‘Batman’ va demander de l’aide à ‘Wondergirl’; la série reste constamment sous haute tension, prenant rarement la peine de s’arrêter pour souffler : les épisodes font l’objet d’un traitement en forme de ‘page-turner’ où chaque chapitre pose autant de questions qu’il n’en adresse.
On semble bien là, non ?
Bin non.
Car la décision, motivée par la garantie de production d’une suite, de réduire ce premier cycle à 11 épisodes au lieu des 12 prévus va complètement chambouler la série…
Vous pensez peut-être que ce n’était pas rédhibitoire, et cela serait vrai si le but de la manœuvre était de continuer d’étoffer la storyline sur laquelle on était engagé et qui, sans être d’une originalité folle, avait au moins pour elle de poser des enjeux forts.
Manifestement, le but était ailleurs… Où ? Impossible à dire car, après avoir hâtivement résolu le cliffhanger de la saison 1, la série prend une toute autre direction ; faisant passer le suspense qu’elle a installé comme un passage inutile avant d’en venir au fait.

Cette première erreur d’appréciation n’est malheureusement pas la dernière pour une saison qui tombe dans le piège classique des secondes saisons : l’envie de faire ‘plus’ ! Plus grand, plus fort, plus beau…
Ici, entre la réformation officielle des ‘Titans’ (qui fait office de prétexte à explorer les sombres raisons de leur séparation initiale), l’introduction du méchant ‘Deathstroke’ (qui après l’authentique démon menaçant d’asservir l’humanité fait un peu pâle figure, tout ‘super-augmenté’ soit-il), La présence de Bruce Wayne (qui, ne semblant plus quoi faire avec ses ‘Robin’, le refile à Dick sous un prétexte aussi inutile que la présence du milliardaire l’est dans une intrigue déjà surchargée), l’arrivée de Conner Kent (Clone hybride de l’autre Kent et de Lex luthor…sans en dire plus, vous comprendrez à quel point l’intronisation d’un tel personnage est vorace en temps d’écran), L’infiltration des ‘Titans’ par la fille de ‘Deathstroke’ (une borgne également ‘super-augmentée qui va s’amouracher du futur ex ‘Robin’ que Bruce a collé aux basques de Dick), sans oublier (quand même) la continuation du cheminement personnel des personnages de la première saison (et non des moindres, les circonstances qui pousseront Dick à devenir ‘Nightwing’) ; on a largement dépassé la limite de ce que 13 épisodes peuvent véhiculer en gardant un semblant de cohésion.
Les storylines se trainent donc sans pouvoir se décider sur un point de focale, laissant l’intrigue en perpétuel déséquilibre pour se terminer en pétard mouillé.
Néanmoins, on va dire que l’essentiel est sauf à la fin : Grayson devient ‘Nightwing’ et les ‘Titans’ forment enfin une véritable équipe…

Ce qui nous amène à la saison 3.
Bonne nouvelle : les showrunners semblent enfin avoir compris qu’ils ne pouvaient pas rendre justice à autant de personnages à la fois et font le ménage en conséquence !
Mais malgré cette bonne intention, ils se prennent une fois de plus les pieds dans le tapis : alors qu’elle devrait, en toute cohérence, faire partie des ‘Titans’ ; une protagoniste centrale de la saison précédente disparaît ainsi complètement du tableau, comme si elle n’avait jamais existé ; laissant un arrière-goût désagréable de désaveu total du chapitre 2.
Pire encore, après un premier épisode qui expédie (excusez du peu) la mort de Jason (second ‘Robin’), la mort du ‘Joker’ et la mise en retraite de ‘Batman’ ; la série semble pourtant encore peiner à justifier la présence d’autant de personnages à l’écran.
De fait, il aurait été, à mon sens, plus judicieux de se passer des services d’un ‘Superboy’ (qui faisait déjà office d’appendice inutile dans la saison précédente) et qui, avec les mêmes pouvoirs que ‘Superman’, rend la mise en place d’un suspense à la mesure de son omnipotence quasiment impossible.
C’est tout ?
Malheureusement non ! Permettez-moi un dernier passage en revue assorti de quelques chiffres.
Car même en acceptant de passer au-dessus des 4 (sur cinq !) morts (dont une dans la saison 2) qui trouvent TOUS le moyen de revenir à la vie et sur, non pas un, mais deux épisodes complets qui se greffent à peu près aussi efficacement sur l’intrigue générale qu’un nez à l’arrière du genou ; on a toujours pas évoqué tous les problèmes qui ankylosent l’intrigue (spoiler alert, il y en a 6 !):

En effet, malgré un casting impeccable (Vincent Kartheiser qui après « Mad Men » montre ici une face étonnante de sa palette), le ‘vilain’ central de cette année empile les clichés et finit par tomber dans la caricature (1). Le personnage de ‘Starfire’ reste globalement décevant : elle perd et regagne ses pouvoirs à chaque saison sans que je ne comprenne jamais comment et pourquoi…sans parler du fait que son histoire familiale qui, sans être franchement passionnante, occupe pourtant une place importante de son temps d’écran (2). Cette version de Jason et ses atermoiements psychotiques auraient définitivement leur place dans ‘les feux de l’amour’ (3).Un TROISIEME ‘Robin’ est inutilement introduit (à ce stade, ça devient du fétichisme) (4). Après un passage en prison, sous prétexte de faire son introspection, qui frisait le ridicule lors de la saison 2 ; Dick est carrément obligé de mourir pour comprendre que…Euh bin en fait, ce qu’il a compris n’est pas clair…(5)
Il me reste encore à mentionner l’absence presque totale de Rachel, qui porte un coup presque fatal à la cohésion de l’ensemble des trois saisons (6) ; avant de préciser que je pourrais continuer !
Mais je vais m’arrêter là, je crois que tout le monde a compris : niveau qualité, on est loin du compte...

Une seule bonne chose à mettre en avant : Barbara Gordon !
Pertinemment jouée (Savannah Welch que j’espère revoir), assez bien écrite ; la relation qu’elle a avec Dick et surtout sa résolution sont LA bonne note de ce désastre.
Cette bonne note entretient une petite flamme d’espoir : une saison 4 est bel et bien prévue et je ne peux pas jurer que je ne m’installerai pas devant.
Alors, j’en conviens, après un tel portrait, c’est difficile à comprendre...comme je l’écrivais au début, je dois bien avouer qu’il faut que je me pose des questions sur d’éventuelles tendances masochistes chez moi !
Mais au final, mon vrai masochisme, c’est de continuer à espérer…(ah, comme c’est beau !)
Ce que j’espère, c’est qu’après autant de tâtonnements, les showrunners vont finir par trouver la bonne formule pour mettre en avant ces personnages qui, à la base, sont attachants.

Oui, la prochaine tentative sera la bonne… Qui cherche trouve… Non ?

 
En vous remerciant, bonsoir !