criTiQue 0028 : Rosbif au ketchup

episodes
Salutations,

C'est sans aucun doute l'entreprise la plus ardue dans la sphère de Mr Hollywood : Réussir à imposer une série humoristique sur la durée (ou même plus d'une saison).
David Crane, non content d'avoir réussi non pas une mais bien deux fois ("Dream on" et "Friends"), semble décidé à tenter la passe de trois avec "Episodes"

C'est l'histoire d'un couple marié : Beverly et Sean Lincoln, qui sont Co-créateurs et Co-scénaristes d'une série à grand succès en Grande-Bretagne. Au soir de la réception d'un énième "BAFTA" ("7 d'or" en Angleterre), ils reçoivent une proposition alléchante : Chapeauter le remake américain de leur série...La promesse de plein pouvoirs créatifs et autres avantages financiers ont raison de la résistance du binôme.
Cette garantie de contrôle total s'évaporera sous le soleil californien et c'est un véritable cauchemar artistique et relationnel qui attend nos émigrés…
Point culminant de leurs désillusions : L'acteur principal de leur série (Richard Griffith) est refusé après une humiliante audition et le studio décide d'engager Matt Leblanc (lire "Leblank")...nul autre que le "Joseph Francis Tribiani" de "Friends" qui, évidemment, tant physiquement que qualitativement est loin d'être fait pour le rôle.

Je vais le dire tout de suite, la série à beau être drôle, originale, bien écrite et bien interprétée, elle a tout simplement très peu de chance d'aller au delà des 7 épisodes prévu car le comique de situation repose beaucoup sur le "clash" sociologique (entre autres différences) entre Britanniques et Américains (en tout cas, dans les deux premiers épisodes). Il y a bien quelques moments savoureux procuré par un Matt Leblanc (qui joue donc son propre rôle) se caricaturant à merveille, ou encore le président de la chaine qui engage notre malheureux couple mais je crains fort que cela ne suffise pas...Comme on dit dans ces cas là : ça passe ou ça casse !
Que la force soit avec eux...

En vous remerciant, bonsoir !


PS : Les différents « networks » n’ont pas été tendre cette année et beaucoup de séries sont passées à la trappe (on en reparlera) mais, contrairement à ce que je présentais, cela n’a pas été le cas d’« Episodes »… (Il y a déjà un certain temps que j’avais attiré votre attention sur le fait que mon pessimisme avait été démenti)
Ceci étant dit, sachant qu’il y a quelques mois déjà que cette crItIquE traine dans ma clé USB, un petit « addendum crItIquAtuM » s’impose :

Premièrement, ce serait faire preuve d’une forme de snobisme de ne pas insister sur la prestation quatre étoiles de Matt Leblanc qui va bien plus loin que la simple caricature dans la composition de son rôle. Ce comportement égoïste, malsain et détestable qu’il accepte d’associer à son nom démontre une profondeur de jeu et un courage qui, sans être véritablement insoupçonnés, sont une belle surprise.
Difficile, du reste, de ne pas faire une analogie avec son personnage : Au-delà du « guest-starring », il se révèle être un catalyseur essentiel dans les déboires de notre paire d’Anglais, agissant comme une sorte de révélateur des failles et des craquelures dans la façade de leur couple sans histoire…
Mais ce qui est réellement surprenant, c’est que la série, elle aussi, fait montre de bien plus de profondeur que je ne l’avais soupçonné…Bon, tout est relatif, on continue de parler d’une comédie, néanmoins, la série ne se dérobe pas face à la flétrissure morale du couple et le « show » recèle un ou deux moments de « noirceur » qui sont aussi saisissants (bien que cohérents) que bien exécutés…

C’est donc avec impatience et curiosité que je vais attendre la seconde saison de « Episodes » qui, sans révolutionner quoi que ce soit, restera une des belles surprises de 2011.

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