criTiQue 0035 : on se connait ?

 


Salutations,


 

Si on devait faire un bilan de ces deux premières décennies de divertissement grand public, ce serait difficile de ne pas mentionner la contribution du scénariste David S. Goyer.

Relativement inconnu pour le spectateur lambda, on peut pourtant dire qu’entre deux itérations de Batman (pour Nolan et Snyder), Blade, Terminator et Superman ; pour le meilleur et pour le pire, le bougre a été prolifique.

Car figurez-vous que rien que dans les années 2000, entre tous ces monuments de l’entertainment, notre homme a trouvé le moyen de créer, produire ou écrire sur pas moins de 7 séries.

Là aussi, les résultats n’ont pas toujours été probants, mais je m’en voudrais de ne pas mentionner le véritable bijou dont il est l’un des cerveaux : en effet, dans la liste des séries dont l’annulation est une plaie qui ne cicatrisera jamais vraiment, « Flashforward » se place dans le haut du tableau. Et si vous aimez qu’une série vous mette la caboche à l’envers, il y a fort à parier que celle-ci a ce qu’il faut pour que vous en rendiez à votre tour un culte.

 

Mais venons-en au fait : cette fois-ci, Goyer a choisi de s’attaquer à un monument de la littérature S.F , « Foundation » pour ne pas la nommer, avec pour ambition avouée d’en retranscrire l’abondance de détails avec toute la minutie permise par la télévision. 

Première constatation : les moyens mis à sa disposition pour se faire devaient ressembler de près ou de loin à un chèque en blanc.Dès le générique, on est mis au diapason : c’est une orgie visuelle qui nous attend ! 

Effectivement, rares sont les plans où on ne sent pas la volonté d’en mettre plein la vue tout en nous baignant les oreilles dans une élégante musique...En cinq mots comme en cent : la série est un monstre d’opulence.

 

Reste à savoir si cet étalage peut réussir à se mettre au service de l’histoire.

 

C’est toute la difficulté de ces épisodes qui ont la lourde tâche d’ouvrir une série à l’intrigue tentaculaire : il faut faire les présentations en réussissant à créer l’empathie, exposer la situation en peignant un tableau compréhensif et lancer l’intrigue en piquant l’intérêt…Tout ça en 1 heure…

A ce jeu, notre brave David ne s’en sort pas trop mal : gardant en tête que les personnages et les lieux sont pléthoriques, il fait expertement passer ses personnages par toutes les étapes de l’introduction sans véritables fausses notes.

Mais sans coup d’éclat non plus.

 

Au final, j’en reviens souvent au même constat avec ces séries tirées d’œuvres littéraires : elles sont un pari que vous faites sur l’avenir.

Selon votre propre sensibilité, vous devez décider sur une situation initiale souvent vue et revue (une société totalitaire, des factions rebelles, la fin du monde annoncée…vous voyez le tableau) si vous avez envie d’investir du temps dans une histoire qui se révèlera bonne…ou pas…

Le dernier exemple en date, en ce qui me concerne, était que j’ai choisi de continuer à regarder « Shadow and Bones » qui, après un départ poussif, a fini par emmagasiner assez de traction pour provoquer une attente impatiente de la saison 2. (Si l’implicite n’est pas votre tasse de thé, je vais être plus clair : je vous la conseille.)

Il semble que ce sera également le cas pour « Foundation » : le deuxième épisode offre déjà beaucoup plus de place aux personnages pour se mouvoir dans l’intrigue, pour se dévoiler et grandir dans ce riche canevas.

En parlant de personnages, je me dois d’insister sur le fait qu’on est également confronté à une autre difficulté inhérente au genre : entrer sans indication dans un univers où on balance 3 noms et 4 mondes à la minute...A ce propos, je ne me suis pas posé 36 questions : la prise de note a fait ses preuves avec ‘DARK’ et j’ai pris sur moi de consigner tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un nom propre, histoire de ne pas me perdre dans l’histoire...Mais vous voilà donc prévenu : on a quelquefois l’impression de jouer à un ‘qui est-ce ?’ intergalactique en regardant le premier épisode.

 

Tant qu’on y est, petit mot sur le casting où on retrouve Alfred Enoch (Dean Thomas pour les intimes) dont j’ai le regret de dire qu’il ne fait pas un travail inoubliable.

Lee Pace, de son côté, me laisse entre amusement et appréhension : après ‘Thranduil’ et ‘Ronan l’accusateur’, je suis forcé de conclure en constatant qu’il joue à nouveau un psychopathe, que l’annulation de « Pushing daisies » (géniale série de Bryan Fuller) l’a définitivement dégouté de jouer sur sa corde sensible. J’espère que l’absence de maquillage pour ce rôle de ‘Frère au Grand Jour’ lui inspirera un jeu plus en nuance que pour ses incursions dans l’univers de Tolkien ou dans le ‘MCU’.

Rien à redire sur Jared Harris (le 'Moriarty' du 'Sherlock Holmes' de Robert Downey Jr.) qui semble être en pilote automatique avec ce rôle de mathématicien/prophète apocalyptique.

Quant à Terrence Mann, c’est avec plaisir que je le retrouve après avoir adoré être terrifié par lui dans « Sense8 ».

 

 

Pour conclure, c’est donc sans trop de réserve que je vais continuer à me repaître du visuel de cette série qui a bel et bien le potentiel de devenir la grande saga qu’il ambitionne d’incarner.

 


 

En vous remerciant, bonsoir !

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